PAYS-BAS.
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les vases du canal ; des machines fonctionnent continuellement pour enle-ver le limon de ces eaux stagnantes et les immondices de toute nature dontelles sont le réceptacle. L’entretien et laréparation annuelle des canaux, des pontset des digues coûte plus de 400 000 florinspar an. Mais cet admirable système de tra-vaux qui sauve Amsterdam de l'inondation,ne la défend pas complètement contre l'in-salubrité. Malgré ses jardins publics, lestouffes d'arbustes et de fleurs qui sont undes charmes (le l’Amstel, malgré l’exquisepropreté des habitants, la mortalité estgrande à Amsterdam (33 à 34 sur 1000), lesépidémies de choléra y font d'affreux rava-ges, et les fièvres y causent soixante foisplus de décès qu’à Londres .
Amsterdam est une des villes les moinsanciennes de la Néerlande . Pauvre village depécheurs au onzième siècle, détruite plu-sieurs fois par les Frisons et les Kennemers,elle élève, pour se défendre contre les inon-dations et les pirates, des digues et ceslevées de terre {dam) dont eiie a pris lenom, et dont l'une forme aujourd’hui aucœur de la ville la place du Dam. La pro-spérité commerciale d’Amsterdam commenceà l’époque de sa réunion à la Ligue han-séatique (1369), mais elle acquiert un déve-loppement prodigieux au seizième et au dix-septième siècle. La paix de Munster, en or-donnant la fermeture de l’Escaut (1648),ruina Anvers ; la fortune commerciale descités flamandes passa à Iiotterdam et à Am sterdam . La route des Indes, ouverte par lesPortugais , profita surtout aux armateurs hol-landais : la Compagnie des Indes orientales ,créée à Amsterdam en 1602, régna bientôten souveraine sur tous les rivages de l’ex trême Orient , et fil de Batavia le siège deson gouvernement ; Amsterdam devint lamétropole du commerce et l’entrepôt généraldes nations de l’Europe ; de Thon, dans saCorrespondance, l’appelle « la grosse clochede la Hollande ; » sa banque, fondée en 1609,faisait crédit à des souverains, et traitaitavec eux de puissance à puissance *. Am sterdam s’enrichit en outre des riches fa-milles flamandes et françaises , que les per-sécutions des Espagnols et la révocation de