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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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PAYS-BAS.

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les fumeurs crachaient du haut des fenêtres. Lhabitude derester déchaussé dans la maison est encore en pleine vigueur, sibien que lon voit des bottines, des souliers et des sabots amon-celés devant toutes les portes. On raconte que des soulèvementspopulaires ont eu lieu à Broek contre des étrangers qui semaientpar les rues des noyaux de cerises ; cest une fable, mais ce quiest vrai, cest que quand un habitant de Broek voit tomber unefeuille ou un brin de paille que le vent apporte devant sa mai-son, il va le ramasser et le jeter dans le canal. On dit encore,ajouta cette bonne femme, que lon va nettoyer les souliers àcinq cents pas hors du village, quil y a des garçons payés poursouffler quatre fois par jour entre les briques de la rue, et quedans certaines maisons on porte les hôtes à bras pour quils nesalissent pas le plancher; ce sont de purs commérages, et il estplus que probable quil nen est rien. » (Edmondo de Amicis ,la Hollande; Paris , Hachette, 1878, in-18.)

« Je ne connais pas un pays plus durement, plus injustement traité» dans les descriptions de voyage que la Hollande. Un grand nombre» détrangers la visitent cependant chaque année et pourraient apprendre» à la connailre telle quelle est réellement. Mais les uns arrivent comme» par acquit de conscience, pour traverser La Haye , jeter un coup dœil sur» Amsterdam , inscrire leur nom dans la cabane de Pierre le' Grand et» repartir. D'autres y viennent avec des idées toutes faites, un point de vue

» arrêté d'avance. Que dépigrammes en vers et en prose na-t-on pas

» faites sur l'avarice et la sécheresse de cœur des Hollandais! Combien den charmantes facéties sur leur habitude de fumer et sur le lavage quoti-n dien des rues et des maisons! 11 y a des gens qui croient encore sincère-» ment que le pavé de Broek est frotté chaque matin comme un parquet de» la Chaussée-dAntin, qu'il est défendu déternuer et à plus forte raisona de cracher dans les rues, que les poules et les chats sont bannis de cet« Eldorado de la propreté, etc. Il y a des gens qui se figurent que le» Hollandais, la pipe et le verre de genièvre ne forment qu'un seul et même» individu. Je comprends que le duc dAlbe, dans sa ferveur de catholique» et sa haine d'Espagnol contre un peuple de protestants révoltés, se soit» écrié en regardant les plaines affaissées de la Hollande, que c'était le» pays le plus voisin de lenfer. Je comprends que Voltaire , irrité de ses» relations avec les libraires dAmsterdam , ait prononcé en quittant la Hol-» lande sa méchante boutade : « Adieu canaux, canards, canailles. » Mais» que les Anglais et les Allemands, dont les habitudes ont tant de rap-« ports avec celles des Hollandais, se soient avisés aussi de railler cette» honnête nation, en vérité, cest à quoi on ne devait pas sattendre. »(X. Marmier, la Hollande : Revue des Deux-Mondes , 1 er janvier 1841.)