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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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304 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

dans ces marchés qu’ils s’acquièrent la réputation de ruse qu'onleur fait, et jamais, en effet, paysan madré ou marchand avidene dépassa leur duplicité 1 ... » (Léo Qdesnel, Promenade en La-ponie . — Correspondant, 10 novembre 1876.)

Complétons cette description des Lapons par l'extrait suivant empruntéaux Etudes ethnographiques de M. Gustave de Diiben, docteur en mé-decine, professeur d’anatomie à l'Institut Cardin de Stockholm . M. de Dübendistingue également les Lapons nomades des Lapons sédentaires, et lesdivise en Lapons des forêts , Lapons de rivière, Lapons maritimes,Lapons alpins.

« Le Lapon se distingue par sa taille petite et grêle, ses che-veux foncés, courts et droits, son teint bistré ; j’y ai vu cependantde nombreuses exceptions, et le musée de l’Institut Carolin(école de médecine) à Stockholm , possède un squelette de La-ponne de 2 m 03 de hauteur. Les Lapons paraissent beaucoupplus petits qu’ils ne le sont en réalité, parce qu’ils marchent leplus souvent penchés en avant, qu’ils ont le dos voûté, et qu’enoutre leurs chaussures sont dépourvues de talons... La marchedu Lapon est vive et légère, à pas courts et rapides, et un peuvacillante ; il franchit ainsi sans peine d’immenses distances encourant à moitié : o ou 6 mvriamètres par jour pendant l’espaced’une semaine sont un jeu pour lui. Un Lapon lit en quarante-deux heures, pour mon compte, un voyage de près de 130 kilo-mètres, quoiqu’il fût chargé d’un poids d’environ 10 kilo-grammes... Les yeux du Lapon sont profondément enfoncés, lefront ridé, et tous ces caractères, dus à des circonstances exté-rieures, impriment à leur visage un cachet de mélancolie qui necorrespond pas à la réalité, car ils sont d’une gaieté enfantine. Lavoix est en général faible et criarde ; les tons en sont grêles etmanquent de sonorité.

» La santé des Lapons est bonne; le plus petit nombre meurt

1. M. Kœchlin-Schwartz n’adresse pas aux Lapons le môme reproche et affirmequ’ils ne dérobent jamais ce qui ne leur appartient pas. « Le fond de leur tem-» pérament, c’est la paresse. « Beaucoup manger, dormir longuement, boire le» plus souvent possible, et surtout être dispensé de tout travail, voilà pour eux» le vrai bonheur. Mais on n’a pas besoin d'aller en Laponie pour dénicher des

» philosophes de cet acabit !.A la qualité dominante des Lapons , l'honnêteté,

»■ il faut en ajouter une autre, leur cordialité naturelle, lis ont un excellent ca-« ractère et font le meilleur accueil qu’ils peuvent aux étrangers qui viennent» les voir. Pendant tout le temps que nous sommes restés près de leur campe-* ment, ils se sont prêtés à tout ce que nous leur avons demandé avec une bonne» grâce parfaite. » (/</., p. 253.)