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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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330 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

ducs) ont nécessité des dépenses énormes, plus d'un milliard. Lignes prin-cipales : 1° de Bâle, par Liestal, Olten, Aarau, Iîrugg, Baden , Zurich,AVinterthur et I-'rauenfeld à Romanshorn (lac de Constance ) ; 2° d 'Olten,par Aarbourg, Cerne, Fribourg, Lausanne, Morges, Colle, Nyon, Coppet ,Versoix à Genève, avec les lignes secondaires de Berne à Bienne; à Thun ;de Brugg à Coblenz, elc. ; 3° de Constance (chemin badois), par Roman-shorn, Itheineck, Sargans, Mayenfeld à Coire , avec les lignes secondaires deSargans à Wallenstadt; de Wesen à Glaris et à Zurich; 4° de Lausanne ,par Vevey, Villeneuve, Bex à Saint-Maurice, Sion et Brieg : de Lau-sanne à Échallens, Neuchâtel et Bienne, puis au Locle et à la Chaux-de-Fonds. — Sept voies ferrées partent de Winterthur sur Effretikon ,Bulach, Schaffhouse, Singen (Bade), Romanshorn , Rikenbach, Bau-mat. — Quatre lignes partent de Bâle : par la vallée de la Birsè , parOlten, par Brugg, vers Zurich; par Coblenz et AVinterthur, le long du Rhin .— La Suisse est reliée à la France par cinq lignes de chemins de fer :1» Genève à Bourg, par Bellegarde, Nantua et la Cluse, ou à Mâcon etLyon, par Culoz ; 2° Lausanne à Pontarlier , par le col de Jougne ;3 o Neuchâtel h Pontarlier, parle Val-Travers; 4° Delémont à Bel fortou à Montbéliard, par Delle, en tournant le territoire allemand ; 5° deBienne ou de Neuchâtel à Besançon, par la Chaux-de-Fonds, le Locle etMorteau. — Huit lignes rattachent la frontière suisse à l'Allemagne : 1° deBâle à Strasbourg; 2° de Bâle à Fribourg (Brisgau); 3° de Bâle ilSchopfheim et Zell (Bade); 4° de Brugg a Waldshut et Sluhlingen(Bade) ; 5° de Winlerlhur à Singen (Bade) ; 6° de Romanshorn àConstance; 7° et 8° les lignes qui, par les bateaux du lac de Constance ,rattachent la rive suisse à Fricarischshafen et Vlm (Wurtemberg), et àLindau et Kemplen (Bavière). — Deux lignes, partant de Buchs et deSanct-Margarethen (vallée du Haut-Rhin) se rattachent à la ligne autri-chienne de Bregenz, Feldkirch, Bludenz , qui, de la vallée de l’ill, par letunnel de l’Arlberg, percé en 1883, pénètre dans la vallée de l'Inn et rejoint Innsbrück. — La Suisse est rattachée à l’Italie par le chemindu Saint-Gothard, par Zurich, le lac de Zug, Schwytz, Brunnen ,Fluelen, la Reuss, Goschenen, Airolo, Bellinzona, Lugano, Como et Milan .

Le percement du Saint-Gothard . —Jusqu’en 1860, la questiondu percement des Grandes Alpes entre la Suisse et l’Italie resta sans solu-tion, à cause des intérêts rivaux de l’Autriche, de l’Allemagne , de laFrance; les uns proposaient le Lukmanier, les autres le Septimer ou leBernardino, les autres le Simplon; la Suisse , livrée à ses seules res-sources, était impuissante. La fondation de l’unité italienne, en écartantl’Autriche du débat, simplifia la question ; en 1869, les représentants del’Allemagne du Nord, de la Suisse et de l’Italie tinrent une conférence àBerne et décidèrent le percement du Saint-Gothard. La France protesta etmit en avant le projet du Simplon ; M. de Bismark répondit en provoquantune nouvelle réunion à Varzin (20 juin 1870), et en faisant décider à nou-veau le passage-par le Saint-Gothard . La guerre qui éclata cinq semainesplus tard ajourna les travaux, mais laissa toute liberté à nos vainqueurs.Le projet préparé à notre détriment, et malgré nous, fut repris contrenous, le 1 er octobre 1872. Le 29 février 1880, les deux sections du tunnelcommencé à la fois du côté d'Airolo et du côté de Goschenen , étaientréunies. La première locomotive franchissait le tunnel à la fin de dé-cembre 1881, et la ligne inaugurée le 22 mai 188? était ouverte au public.M. Favre, de Genève , fut chargé de l’exécution du tunnel, le plus long quieût encore été percé. L’entrepreneur est mort, dans le tunnel même, le