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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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SUISSE .

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Les avalanches.

« Les avalanches, nommées dans le Tessin hirina ou slavina, cesimmenses et bruyants torrents de neige dont l’effet est aussi gran-diose que terrible, sont au nombre des phénomènes les plus pit-toresques des Alpes . Elles reviennent périodiquement, ont leurspassages et leur marches déterminés, leurs couloirs pour se for-mer et un bassin pour y arrêter leurs masses mouvantes. Unegrande partie des Alpes se servent de ces canaux pour se déchar-ger des immenses amas de neige qui les recouvrent en certainsendroits et cela avec une régularité qui se calcule à une semaine,à un jour près; des observateurs attentifs peuvent souventdésigner l’heure même où une avalanche se formera.

» Les avalanches se présentent sous plusieurs formes : tantôt cosont des entassements de neige qui descendent des rochers et glis-sent simplement dans des couloirs rocailleux; tantôt ce sont desparois surplombantes ou des corniches formées par la neige, quele vent accumule au bord d’un précipice ou sur une arête derochers, et qui manquant de base, s’affaissent sous leur proprepoids et tombent dans la direction même du vent qui les a for-mées.

» Les avalanches que nous nommerons avalanches de poudresont les plus dangereuses, les plus puissantes et les plus irrégu-lières. Elles ont lieu seulement en hiver et au premier printemps,lorsque sur une croûte de neige ferme et dure tombe une grandequantité do neige fraîche, granuleuse, sans consistance. Dans lespentes raides cette neige nouvelle n’a aucune cohérence avecl’ancienne, et quand les circonstances sont favorables, il suffit dela chute d’une petite corniche de neige sur les hauteurs, dupassage d’un chamois ou d’un lièvre, d’une pelote de neigedétachée d’un buisson, ou seulement de la moindre commotiondans l’air pour que toute la masse se mette en mouvement; elleavance d’abord lentement et tout d'une pièce, puis, entraînantles couches plus profondes, elle se divise, déborde et tour-billonne. L’ébranlement de cette masse, le courant d’air qui

» tissent et s’éteignent pour ceux qui se rapprochent des hautes cimes; et pour» exprimer cette vérité, je me servirai d’une devise qui semble faite pour les» alpinistes, et qui est inscrite sur le blason d’une ville (Tulle ) assise au milieu» des montagnes du pays de Vercingétorix : Sunt rupes virtutis iter. » (Abel Le-mercier, Annuaire au Club Alpin français , 1S76, p. 532.)