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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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358 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

ou obtenir la remise en bloc de ses péchés. La poésie du mondealpestre ne se révéla en quelque sorte qu’au siècle suivant, aprèsque Haller eut écrit son Poème des Alpes (1729), et Rousseau saNouvelle Héloïse (il(U). Le nom du médecin-naturaliste Ebel,en particulier, demeure lié à l’histoire du Rigi , et ce fut lui quifît dresser le premier panorama de la grande montagne, et quidécida Martin Bürgi, l’aubergiste du Klosterli, à construireen 1815 une cabane de refuge au Rigi-Kulm . L’année suivante,cette cabane se trouva remplacée par un petit hôtel à douze lits.Puis vint le Guillaume Tell de Schiller , qui acheva la vogue du

monde alpestre.Aujourd’hui, les trois lignes ferrées du Rigi ,

établies à l’imitation de celle qui avait été faite aux Etats-Unis ,sur le Mount Washington, près de Boston , transportent chaqueannée un nombre inouï de voyageurs 1 .

» ... Trois chaînes de montagnes, treize lacs, dix-sept villes,quarante villages et soixante-dix glaciers répandus sur centlieues de circonférence : voilà ce qu’on voit, quand on le voit,du haut du Rigi . Vers l’ouest, la perspective s’étend jusqu’auxVosges et jusqu’au Jura : c’est d’abord, au pied même du sombrePilate, la sentinelle avancée des Alpes de ce côté, toute la villede Lucerne , avec sa couronne de créneaux et de tours, puis, pardelà, presque tout le canton de ce nom, arrosé par l’Emme,dont on aperçoit le ruban serpentin ; plus loin se montrent leslacs de Sempach , de Ba'idegg et d’Hallwyll. Au nord et à gauchedu lac de Zug , dont on embrasse entièrement le paisible bas-

1. « On sait comment sent construites ces voies d’escalade. Entre les rails or-« dinaires se trouve une barre formée de deux autres rails parallèles, que réunis-» sent des tiges transversales en fer forgé placées à intervalles égaux comme les bà-» tons d’une échelle, de manière à former des crans réguliers où s’engrènent les» petites roues dentées dont sont munis en dessous la locomotive et le véhicule.» La longueur de la ligne de Witznau est de 7 kilomètres ; celle de la Scheidcgg a» peu près égale,mais la rampe y est, relativement,presque insignifiante; la troi-« sième voie, celle d’Arth au Staffel, a un développement do près de trois lieues.« Quant au péril de dégringolade, il n’existe ipoint; les voyageurs se trouventv toujours au-dessus de la machine qui, au lieu de remorquer le wagon, le pousse» à la montée, et règle sa marche à la descente; la voiture d’ailleurs, un unique« wagon-tapissière à 60 places, n’est point attachée à la locomotive, et peut être» arrêtée instantanément, si un accident survient à celle-ci. » (Gourdault). L’as-cension du lligi en chemin de fer se fait en une heure et quelques minutes ;avant 1871, date de l’inauguration du chemin de fer, 40 à 50000 personnes visi-taient annuellement cette montagne ; en 1871, ce nombre s’élevait à 50000; en1872 à 86 800; en 1875 â 96000; les années suivantes, il adépassé 100000. Le Rigi-Kulm est à 1800 mètres d'altitude. — Plusieurs autres chemins de fer à crémail-lère ont été construits en Suisse , et parmi eux les lignes funiculaires à fortesrampes de Jtorschach à ffeiden , de Wœdensweil à Einsiedein, les lignes de 1 'VI-tiberg , du Giessbach , de Glion , etc.