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sin, se dessinent près du cours de la Reuss les vastes bâtimentsde l’ancienne abbaye bénédictine de Mûri; au-dessus, les ruinesde Habsbourg , et tout à fait à l’horizon, les plus hautes sommi-tés de la Forêt-Noire. Plus à droite, se détachent la crête del’Albis, l’Uetliberg et quelques fractions du lac de Zurich ; deZurich même, on ne voit que l’hôpital cantonal et la cathédrale.A droite enfin du lac de Zug , par delà le Rossberg, dont ondomine tout le versant sud, théâtre de l’épouvantable éboule-ment de Goldau ', on distingue une partie du lac d’Egeri, ettout au fond du tableau, les sommets doucement ondulés quirejoignent les hauteurs situées le long du Danube . La chaînedes grandes Alpes ne commence qu’à l’est, dans les cantonsd’Appenzell et de Glaris , avec le Sântis et la croupe énorme duGlarnisch ; elle se continue toujours à l’est et à l’arrière-planpar les monts d’Uri, le Tôdi, dans le voisinage duquel s’éche-lonnent les Clarides, le Frolinalp et l’Axenberg; le Britenstock,au pied duquel la route du Gothard commence à gravir la valléede la Reuss ; puis, tout à fait au nord, régnent l’Urirothstock,les Spannorter, le Titlis et toutes les cimes glacées de l’Ober-land, en avant desquelles s’étagent les Alpes unterwaldoises,formées par les pentes touffues du Brünig et par la haute coupedu lac de Sarnen. » (Jules Gourdaut.t, La Suisse , 2 vol. in-4°illust., l ro partie, chap.xm; Paris, 1879, Hachette, )
lia Daute-Engadine.
L’Engadine (en langue romanche, contrée des eaux), désigne la vallée desGrisons encaissée entre deux hautes chaines de montagnes, qui s'étend dela Maloïa à la gorge de Martinsbrück, sur la frontière du Tyrol. Le torrent
1. C’est en 1S06 qu’arriva cette catastrophe, une des plus terribles qui aientépouvanté la Suisse ; après des pluies continuelles, des crevasses se formèrent, etle2 septembre des craquements sinistres se firent entendre; les sources cessèrentde couler; les'arbres des bois chancelèrent et des bandes d’oiseaux s’enfuirent ducôté du Kigi. «Sol, forêts, montagnes, tout fut saisi d’une violente convulsion :» un fragment du Rossberg de plus de 2 000 mètres de longueur, sur 324 mètres» de largeur et 32 de profondeur, venait de s’abîmer d’un seul coup. En moins de» cinq minutes, une des plus belles contrées de la Suisse, la Vallée d’or, Goldau ,« comme on l’appelait pour ses riches cultures, était redevenue la proie du chaos.« Quatre villages entiers, Goldau , Rothen, Oberct, Untcrbusingen, 2 églises,» 120 maisons, 200 étables ou chalets, 457 habitants, 225 tètes de bétail, 110 ar-» pénis de terrain, dont un tio s en prairies superbes, furent ensevelis sous un» amas de décombres évalué à 40 millions de mètres cubes. De Goldau , parlicu-» fièrement, il ne resta qu’une cloche de l’église qui fut retrouvée à un quart ce» lieue de distance. » (J. Gourdault.)
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