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guanl. Elles rendent possible, dans le voisinage des glaciers, l’exis-tence d’une population, et, chose incroyable, les habitants, sanssouci de l’avenir, se préoccupent à peine de la conservation d’unetelle richesse. Seuls, quelques esprits clairvoyants signalent ledanger et cherchent à conjurer un mal qui pourrait devenirirréparable. Des causes fort diverses contribuent au déboisementde l’Engadine . Les avalanches brisent les arbres ; les torrentsgrossis à l’excès, les déracinent ; ce sont des accidents de lanature, il faut les subir ; mais la destruction permanente occa-sionnée par l’incurie ou par la rapacité est bien autrementgrave. Les bestiaux abandonnés au caprice rongent les jeunesplantes ; les pâtres venus d’Italie , échappant à toute surveillance,coupent des troncs sans le moindre ménagement, cassent desbranches pour avoir du chauffage. Ce qui doit étonner plusencore, c’est le sacrifice consommé dans plusieurs localités pourla possession d’un peu d’or. Des spéculateurs étrangers visitentle pays dépourvu de relations commerciales, afin d’obtenir desproduits à des conditions avantageuses, et l’on cite telle communede l’Engadine qui a vendu fort au-dessous de leur valeur desbois occupant une vaste étendue...
Sur les pentes abruptes et pierreuses de la vallée de l’Inn, croissentd’autres arbres ou arbustes verts, des sapins, des pins pygmées, des gené-vriers, des épines-vinettes, des sorbiers, des sureaux, et une collection defleurs délicates et rares que le botaniste étonné va cueillir près desneiges, des anémones aux teintes roses ou azurées, des renoncules jaunesou blanches, des œillets, des gentianes, des violettes, des ancolies, desprimevères, des pavots et des saxifrages d’une grande variété.
» Tous les voyageurs qui parcourent la Haute-Engadine sontfrappés du silence qui y règne. Dans nos bois, sur nos routes, aumilieu de nos champs, les feuilles des aulnes, des trembles, desormes, des peupliers, bruissent au moindre souffle, les bour-donnements des insectes, les cris et les ramages des oiseaux sefont entendre ; la vie se manifeste sous toutes les formes. Dansl’étroite vallée de l’Inn et sur les Alpes Rhétiques , les arbres auxlarges feuilles pédonculées n’existent pas : les insectes sont géné-ralement des espèces silencieuses, les hyménoptères bruyantsqui aiment le soleil, guêpes, bourdons, abeilles solitaires nemontent point jusqu’à la région où il faut subir l’hiver pendantneuf mois, et les oiseaux chanteurs n’y viennent qu’en petit