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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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366 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

On fait remonter l'oriîine des Engadiniens aux Etrusques chassés d'Italie par l’invasion des Gaulois de Beliovèse, et fuyant sous la conduite duchef Rhætus qui a donné son nom à cette section des Alpes . Les Romainsy fondèrent des postes militaires; les Sarrasins an dixième siècle, pénétrè-rent dans la vallée de l’Inn, et quelques-uns s’y fixèrent; le nom de l’on-tresina en garderait, dit-on, le souvenir (Pons San'acenorum, pont desSarrasins).

» Par l’ensemble des caractères physiques, les Engadiniensdénotent une origine méridionale ; ils ont les yeux et les cheveuxnoirs, le teint légèrement bistré, de la vivacité dans l’expressiondu visage. Ils parlent un dialecte qu’on appelle le ladin et quidérive manifestement de cette langue romane en usage chez lespeuples du midi de l’Europe pendant le moyen âge... La Haute-Engadine a des ouvrages pour les écoles ; elle a un grammairien,plusieurs poètes estimés et môme des journalistes. A Zus, unebourgade de 400 âmes, s’imprime une feuille périodique, con-tenant des articles généraux, des chroniques, des poésies et desannonces. Tout le monde sait lire dans ce petit pays où l’ongèle, et chacun, homme, femme ou enfant, parle, outre le ladin,la langue allemande * 1 .

» ... Privés de moyens de travail dans une patrie ingrate,les habitants de l’Engadine quittent de bonne heure la hautevallée et se dispersent dans les villes de la France, de l’Italie , del’Allemagne . Ils deviennent confiseurs, pâtissiers, limonadiers,fabricants de liqueurs ou de chocolat. Ne perdant jamais de vuel’avenir, ils ne sacrifient guère à des fantaisies ; pour abréger ladurée de l’exil, l’argent est sévèrement économisé. Enfin le rêvede trente ou quarante années est devenu une réalité, l’Enga-dinien dit un éternel adieu à la maison étrangère qui lui a étépropice, et il retourne au village d’où l’on voit le Roseg et lesglaces du Bernina, et désormais sans souci, il fera sa demeure

de ses muscles doit lui servir de levier ou do point d’appui pour se soutenir,se pencher, se tourner, se soulever ou s’étendre... « (DeTschudi, p. 50iet suiv.)

1. M. Blanchard fut très étonné d’entendre plusieurs habitants de Pontresinn,s’exprimant en français avec une grande facilité: un d’eux avait habité Rennes -45 ans, l’autre Cambrai 37 ans. « Ces émigrants agissent à la manière des oiseaux» de passage; Us vont chercher le bien-être au loin, mais ils reviennent sans’

» cesse au cerceau de la famille. » Les Engadiniens ont tous fréquenté l’école *primaire: quelques-uns vont continuer leurs études à l’Université do Zurich, àmesure que l’aisance des familles augmente, grâce surtout aux excursions de plusen plus nombreuses des étrangers. La Société helvétique a tenu sa réunion an-nuelle en f863, à Somaden, en pleine Engadinc, sous la présidence d’un Engadi-nien, le D* Planta, descendant d'une des plus anciennes familles du pays.