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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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372 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

rasés ; des quais, des rues, des squares, des jardins, des boulevards, desponts étaient construits ; une Genève nouvelle s’élevait superbe en face dela vieille cité calviniste ; aujourd’hui la ville basse est envahie par lesétrangers ; les hauts quartiers calmes et paisibles sont habités par les descen-dants de l’ancienne aristocratie.

Aux portes de Genève , une chaîne de coteaux suit les rives du lac et sedéroule dans la direction de Lausanne ; le chemin de fer court sur cespentes, dominant le Léman , les villages, les vignobles, les prairies, lesbois, les villas bourgeoises et les châteaux opulents qui encadrent le lac ;Versoix, Coppet et le château de la famille de Necker; Nyon et Prangins,Rolle, Aubonne, Morges, Vufflens , un des plus anciens et des gins beauxmanoirs du pays romand, enfin, Ouchy, l'embarcadère de Lausanne .

» Il est peu de villes aussi attrayantes que Lausanne pourl’amateur du pittoresque et de l’imprévu. On dirait une créationde la fantaisie; la ville est construite sur le tranchant, de troiscollines et dans les gorges creusées à leur pied ; les vieux quar-tiers sont un labyrinthe de ruelles noires, étranglées, grim-pantes et d’édifices postés à tous les niveaux. On est parvenu àraccorder ces surfaces diverses et à établir un niveau commun,en traçant autour de la ville une voie circulaire. Do Saint-Lau-rent, cette voie rejoint la colline de Bourg par un pont monu-mental de 600 pieds de longueur sur 80 de hauteur et lancé surune gorge profonde. — Quelles perspectives sur le lac et lesAlpes ! A chaque pas, sur ce sol agité comme les vagues del’Océan, on a de nouvelles surprises : de gracieux jardins abri-tent leurs délicates végétations; au pied de hautes terrasses, degrands bouquets de noyers poussent dans les gorges et profilentleurs sommets sur les vieux édifices; de hardies constructionss’élèvent en pyramides au-dessus d’enfoncements obscurs oùrampent de noires ruelles. Au-dessus de ce dédale de toits poin-tus, de lignes brisées, de saillies, de coupures, la vieille cathé-drale dessine ses clochetons et ses flèches acérées.

» Au sortir de Lausanne et des vergers plantureux de Cham-blande, sur la route de Vevey, Pully s’offre d’abord à l’entréedu vignoble de la Vaux... Ce vignoble est une merveille del’art agricole ; sur une longueur de trois lieues, il tapisse lespentes rapides du Jorat qui surplombe au-dessus des eaux et yplonge ses racines. Les terrasses montent les unes au-dessus desautres au nombre de quarante et escaladent la montagne jus-qu’à 800 pieds de hauteur; elles sont reliées par des escalierset retenues par des murs qui servent de sentiers. L’entretien dece vignoble exige un labeur énorme. Tout se porte à dos