378 LECTDRES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
Deltwiller, Rrumath';; à gauche de la Sinlzel; — la Sauer (Wôrth); —la Lauter (Wissembourg, Lauterbourg). — La Moselle quitte la France en aval de Pagny, entre dans la Lorraine annexée à Novéant-aux-Prés,passe à Metz, Tlnonville et Sierk ; elle reçoit à gauche l 'Orne (Moyeuvre ) ;à droite la Seille , à Metz ; la Sarre, descendue du Donon , passe près deLorquin (Lorchen), à Sarrebourg, Fénétrange , Sarre-Union, Sarre-Albe etSarreguemines, et entre dans la Prusse rhénane à Sarrebrück . Son affluentde gauche, la Nied, arrose la Lorraine annexée.
II. — GÉOGRArHIE TOLITIQUE ET STATISTIQUE
IVotice historique. — Alsace . Les débris des monuments celti-ques retrouvés par les archéologues entre les Vosges et le Rhin démon-trent que les Gaulois ont longtemps occupé la plaine d’Alsace ; après lesRomains, qui firent du Rhin une ligne de défense, les Germains s’yintroduisirent seulement au troisième siècle d’une façon permanente 1 .Au cinquième, Salvien, comme autrefois César, Strabon et Tacite ,continuait à appeler le Rhin le fleuve qui sépare les deux mondes; levieux nom gaulois Argenlorat n’est remplacé qu’au sixième siècle parcelui de Strasbourg , et, Paulin d’Aquilée disait encore au huitième siècle :« On l’appelle Strasbourg dans la langue des barbares; mais ce nom a prisla place d’un autre vieux nom illustré par les souvenirs. »
Quand l’empire romain fut démembré, l’Alsace fut rattachée au royaumed’Austrasie , et les architectes de la cathédrale de Strasbourg conservèrentce souvenir en plaçant les statues de Clovis et de Dagobert au front del’église. C’est dans la plaine de Strasbourg que fut échangé en 841, dansles deux dialectes romain et tudesque, le fameux serment d'amitié deCharles le Chauve et de Louis le Germanique. Le traité de Verdun (843) fitpasser l’Alsace sous la domination du second de ces princes, et ses destinéespolitiques furent pendant huit siècles plus ou moins rattachées à celles del’Allemagne .
Sous les empereurs Ottonides et Franconiens, l’Alsace conserva d’étroitesrelations avec les rois et les comtes de la Rourgogne jurane, les ducsfrançais de Lorraine ; les princes de la maison de Souabe en confièrentl’administration aux comtes de Habsbourg , qui, devenus empereurs à leurtour, accordèrent à l’Alsace des privilèges municipiux et l’immédiateléd’empire pour y maintenir leurs droits (1268). Les dix villes alsaciennes (laDe'capole), Haguenau, Schlestadt, Wissembourg, Landau, Obernai, Rosheim ,Colmar, Kaisersberg, Munster , Turckeim, déclarées villes libres, avaient lepouvoir législatif, faisaient la guerre, concluaient des alliances, envoyaientdes ambassades, avaient sièges et voix aux diètes, frappaient monnaie etexerçaient chez elles la haute et la basse justice. En 1346, elles dési-gnèrent Colmar comme siège de leurs délibérations communes; leur union
1. Un des plus fameux débris de ces constructions primitives est le Mur desPaïens (Heidenmauer), dont la triple enceinte sinueuse, souvent confondue avecles rochers d'alentour, se développe dans les campagnes, à l’ouest de Strasbourg ,Cet énorme rempart, élevé à l’origine par des mains gauloises, fut ensuite réparéet agrandi par les Romains. La race celtique s’était même répandue sur la rivedroite du Rhin ; et l’on sait que si les Romains, maîtres des Gaules , avaientédiûé sur la rive gauche ces forteresses ( oppida ) qui sont devenus les citésactuelles, ils avaient aussi annexé à leurs conquêtes, du côté opposé, la vastezone des champs décumates.