Buch 
L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
Entstehung
Seite
387
JPEG-Download
 

ALSACE-LORRAINE . 3S7

» pas plus qu'une langue qui lui soit exclusive. Ses œuvres littéraires» empruntent la langue des deux nations auxquelles les vicissitudes poli-» tiques l’ont tour à tour associée. Aujourd’hui cette littérature se confond» avec celle de la France . Si quelques livres paraissent de loin en loin en» langue allemande, c’est à l’état erratique et par exception. Aucune» œuvre importante, il est vrai, ne se produit en Allemagne , sans que» l'Alsace ne s’empresse de l’annoncer ou de la propager en France . Les» écrivains alsaciens n’ont pas oublié l’allemand ; mais ils se bornent à» l’interpréter sans s’en servir. Depuis cent ans bientôt on pense en fran -» cais et l'on écrit maintenant comme l’on pense. Avec l’éducation, les» sympathies ont changé. C’est là un fait bien connu à Berlin , car un des» premiers actes des conquérants a été de proscrire la langue française de» l’enseignement primaire et de ne plus la tolérer qu’à titre d’exception.» Mesure habile si l'interdiction du langage pouvait s’étendre aux idées ;» mais les idées resteront françaises en Alsace et d'autant plus que la véri-» table fusion de l'Alsace avec la France date de USD, non pas d’une con-» quête, mais de la libre adhésion aux principes de droit et de justice qui» laissent aux populations la faculté de disposer d'elles-mêmes, sans» jamais admettre les violences de la conquête. » (Ch. Giun .) — Instruc-tion publique. Instruction primaire obligatoire de six à quatorze ans;langue française proscrite dans toutes les écoles (arrêté du 14 avril 1871 (,sauf dans les districts frontières où ie français est la langue usuelle. « Le» gouvernement français avait attendu deux siècles après le traité de» NVestphalie pour introduire le français comme langue usuelle dans les» écoles primaires alsaciennes. Les Allemands ont proscrit le français et» imposé l'allemand un mois avant le traité de Francfort ! » (G. Jost, Dic-tionnaire de pédagogie.) — Il y a 10 séminaires d'instituteurs oud'institutrices ; 1 écoles préparatoires ; plusieurs écoles usuelles (real-schtilen) ou bourgeoises supérieures (hohere bürgerschulen). L’enseigne-ment scolaire est organisé surtout en vue de l'œuvre de germanisation. —Instruction secondaire. Elle est donnée dans 3 lycées et 21 collègespresque uniquement peuplés de fils de fonctionnaires et d’Allemands d’outre-lîhin. — Enseignement supérieur. L’Université de Strasbourg, reconsti-tuée après 1870, date du règne de Maximilien 11 (1567). On lui a rendu ledroit de régler ses affaires, de nommer son recteur et ses doyens. Elle a92 professeurs et 5 facultés ( philosophie, droit, médecine, théologie,sciences naturelles et mathématiques); 850 étudiants environ dont 260Alsaciens-Lorrains. Les bâtiments de la nouvelle Université inaugurés en1884 ont coûté 10 millions; l'empire allemand en a fourni plus de 5 et

a la frontière du Luxembourg, Sarrebourg, Fnulquemont, Aîbestroff et Boulay .» Dans l’ancien arrondissement de Metz, toute la population indigène est do» langue française; mais à Metz même, il y a beaucoup d’immigrés venus un»> peu de toutes les parties de l’Allemagne pour chercher fortune, ou pour rcm-- plir des fonctions publiques dans le pays annexé. Nos évaluations sur le nombreb respectif des individus parlant français ou parlant allemand sont fondées surb la population des communes lors du dernier recensement, d’après la langueb dans laquelle se donne l'instruction religieuse. Il en ressort que la Lorraine *» annexée compte 210000 habitants de langue française, et l’Alsace 70000 tout» au moins. Quoique la population de l’Alsace-Lorraine parle allemand en grandeb majorité, la France n’a jamais en de sujets, ni de citoyens plus patriotes. Na-» noléon I or appréciait fort bien nos conscrits, lorsqu’il disait : Laissez à ces» braves gens leur patois alsacien; ils sabrent toujours en français . » (Ch. Grad,Revue des Deux Mondes , l et janvier 1885.)

23

LANIKR. — EUROPE.