388 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
demi. La bibliothèque compte plus de 560 000 volumes; les divers Institutsqui composent l’Université ont été admirablement aménagés et dotés. « Les» constructions, » dit M. Grad (Nature, 22 nov. 1884), « forment tout un» quartier de la ville, d’un ensemble magnifique, véritables palais élevés au» culte de la science. Aucune ville d’Europe , sans en excepter les grandes» capitales, ne présente pour l’enseignement supérieur une installation» aussi riche ou dont les diverses parties soient mieux combinées et» réunies. Chaque branche d'étnde dispose ici de ses locaux propres et» distincts, avec ses laboratoires, ses collections, sa bibliothèque et un ou-» tillage spéciaux. On a voulu faire grand; on a réussi. » Deux associa-tions se sont fondées à Colmar et à Strasbourg pour l’étude des sciences na-turelles. — L’enseignement industriel a été depuis longtemps admirabtementorganisé en Alsace par les grands industriels dont le patriotisme et la phi-lanthropie égalent les lumières : au premier rang, il faut citer la Sociétéindustrielle de Mulhouse, « flambeau et drapeau pour les fabrications dela Haute-Alsace ; » elle a servi de modèle à tous les instituts français demême genre, et a fondé elle-même de nombreux établissements techniques;Yécolede dessin ouverte à Mulhouse en 1828, au moyen de souscriptionsindividuelles, dont les 8 professeurs font à 300 élèves des cours gratuitsde dessin d’ornement et de modelage et forment des dessinateurs distin-gués et recherchés pour le bon goût et l’élégance de leurs travaux; unlaboratoire de chimie industrielle fondé en 1821 ; une école supérieurede chimie industrielle , une école de tissage, une école de filature(1863', une école professionnelle, une école supérieure de commerce,ouverte en 1866 grâce à l’initiative féconde et à la munificence deMM. Jules et Jacques Siegfried de Mulhouse , et dont les professeurs,brutalement expulsés par les Allemands en 1871. ont fondé à Lyon unétablissement semblable, imité aussitôt à Marseille, Bordeaux , le "llavre,Rouen, Lille, Paris . — L’enseignement agricole est donné dans les écolesspéciales de Roulîach et Schlestadt ; et dans l’école d’arboriculture deBrumath, etc. (V. Ch. Grad, VEnseignement agricole en Alsace , Eco-nomiste français , novembre-décembre 1879.)
Justice. Cour d'appel (oberlandes gerichte) à Colmar ; 6 tribunaux depremière instance (landgerichte) il Colmar, Metz, Mulhouse , Sarregue-mines, Strasbourg, Saverne . — Cultes. Catholiques, 1218500; protes-tants, 305300 ; Israélites , 40000; directoire et consistoires indépendants.— Budget . Recettes, 40380 000 marcs; dépenses, 38494000 marcs.
III. — Géographie économique
Productions. — Minéraux. En Lorraine , gisements de fer, à l’ouestde la Moselle (vallée de l’Orne ) ; mines de houille dans le bassin de laSarre, recouvertes par le grès des Vosges ; salines situées entre la Sarre etla Seille, à Dieuze, Moyenvic, Sarralbe , exploitées dès la plus haute anti-quité. — Végétaux . Aucune parcelle de terrain n’est à l'état inculte enAlsace ; les terres arables (333300 hect.) produisent des céréales, surtoutdans le Bas-Rhin, froment, orge, avoine, mais; des plantes industrielles :garance, pavot, colza, lin, chanvre, tabac, houblon; les vergerscouvrent 17000 hectares; le plus riche des cantons agricoles alsaciens estle Kochersberg, que sa fertilité a fait appeler le grenier de l’Alsace . « La» population, plus dense que dans la plaine en général, dépasse le chiffre» de 200 habitants par kilomètre carré. Les villages sont spacieux, fort» rapprochés les uns des autres, réunis par de magnifiques routes bordées