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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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406 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

elles; ce camp retranché formidable a 25 kilomètres de tour; ses appro-visionnements sont immenses; la garnison sur pied de guerre est fixée à32000 hommes.

La place de Strasbourg est aujourd’hui unie à celle de Kehl , et formeun camp retranché dont les nouveaux remparts occupent une surface triplede celle de 1870, en tout un millier d’hectares. « A cheval sur le Rhin , située» sur la voie ferrée qui relie la Hollande à l’Italie par le Saint-Gothard ;» Strasbourg est devenue un immense entrepôt de commerce entre l’Italie ,» la Suisse, l’Allemagne et la France . L’armée allemande s’y est ménagé» en permanence d’immenses approvisionnements de toute espèce dont les» uns sont en magasin, et les autres, sur roues, en gare. Le gouvernement« possède nombre de vastes établissements militaires, entre autres une» grande manufacture d’armes. » (Major de Saruepont, Nature 1883,2 e semestre). Le maréchal de Moltke a fait construire autour de ce noyaucentral treize forts détachés : les forts Fransecki , entre le Rhin et l’ïll ;de Moltke , au sud de Reichstett ; Roon, entre le chemin de fer et la routede Wissembourg ; Kronprinz (Prince Royal), Grosherzog von Baden(Grand-Duc de Baden); Bismark; Kronprinz von Sacksen (Prince royalde Saxe), à l’ouest; von der Thann,hut la rive gauche de 1111; Werder,au sud-est de Graffenstaden, près du canal du Rhône au Rhin ; Altenheimsur la rive gauche du Rhin. — Autour de Kehl sont les forts Blum.enthal,.Bose et Kirchbach. — Ces forts détachés embrassent un périmètre de33 kilomètres sur la rive gauche du Rhin , de 18 sur la rive droite. — Ilssont reliés entre eux par un chemin de fer et par des tranchées. Des bat-teries annexes les complètent et les Allemands ne cessent de consolider cesretranchements déjà formidables.

« On descend encore de chemin de fer à Metz près de la porteSerpenoise, dont les inscriptions françaises ont été conservées;mais plus de voitures sur la place de la Gare, plus de commis-sionnaires empressés à vous chercher un logement ou à vousmontrer les curiosités de la vieille cité. Quand on traverse laporte, gardée par les sentinelles prussiennes, il semble qu’onentre dans un sépulcre. Un frisson vous passe dans le dos. Metz est une ville morte civilement, pétrifiée dans son deuil. Telle jel’ai revue en 1871, aussitôt après la conquête, telle je l’ai revueen 1879. C’est bien une place occupée par l’ennemi, mais nonconquise, une cité dolente, pour laquelle il n’y a plus ni joie, nifêtes, ni sourires d’enfants. Le pas lourd et cadencé du soldatgermain, les bruits de crosses de fusils sur les pavés, le cliquetisdes sabres traînés insolemment sur les trottoirs, les ronflementsdes demi-tambours, les aigres notes des fifres, les feux de pelotond’exercices sous les murs, sont les seuls bruits qu’on entende.

struite aux frais du duo de ce nom, évêque de Metz , à été nommée Louis , dunom du roi de Bavière ; la porte Serpenoise a été, elle aussi, germanisée; saproximité de la gare lui a valu le nom de Bahnhoffs-Thor, etc.