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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
refusa, et essaya seulement de créer, dans le parlement partiel convoquépar lui à Erfurt, une union restreinte des États de l’Allemagne septentrio-nale. L’Autriche qui venait de réprimer tous les mouvements séparatistes ourévolutionnaires à Vienne, à Prague, en Hongrie , fit échouer la combinaisonprussienne, rétablit la Confédération germanique (1850), et Frédéric-Guil-laume IV dut faire amende honorable par le traité d’Olmutz . A partir dece jour, grâce surtout aux habiletés politiques du principal homme d’Étatprussien, M. de Bismarck, les partisans de l’unité allemande tournèrentleurs sympathies et leurs espérances du côté de Berlin. L’Autriche se laissaentraîner dans la guerre du Schleswig , malgré la volonté de la. diète ; etbientôt les exigences de son ambitieuse rivale l’amenèrent à se défendreelle-même. Elle fut vaincue à Sadowa (1866), la Confédération germanique fut dissoute, et l’Allemagne lui échappa, pour se replacer sous le joug de laPrusse, qui allait par laguerredeFrance de 1870-71, achever son œuvre de su-prématie allemande , comme elle l’avait commencée, par la force.
Constitution. — L’empire d’Allemagne , constitué en 1871, se com-pose de 26 Etats confédérés sous la direction ou hégémonie de la Prusse,dont le roi a le titre d’empereur d’Allemagne . --La souveraineté se partageentre l’empereur et deux assemblées, le Conseil fédéral (Bundesrath) etla diète d’empire (Reichstag) (jui se réunissent à Berlin . — Le Bundesrathreprésente les Etats confédérés (58 membres, 17 pour la Prusse , 6 pourla Bavière, 4 pour la Saxe, 4 pour le Wurtemberg, 3 pour Bade , 3 pourla Hesse, 2 pour le Mecklembourg-Schwerin, 2 pour le Brunswick , 17 pourles 17 autres Etats). L’Alsace-Lorraine, territoire d’empire, n’est pas repré-sentée au Bundesrath. Cette assemblée est présidée par le grand chance-lier d’empire, assisté d’une chancellerie d’empire, et de divers offices -oucommissions, dirigés par des secrétaires d'Etat choisis parmi les membresdu Bundesrath (Affaires étrangères; Intérieur; Amirauté; Justice; Tréso-rerie ; Chemins de fer ; Postes et télégraphes). Ces offices, aussi bien que laCour des comptes de l’empire, l'administration des fonds des Invalides ,la Banque de l’empire, la Commission des dettes relèvent de la GrandeChancellerie. — Le Reichstag est une assemblée élective, nommée pourtrois ans (1 député par 100000 hab.), au suffrage universel direct par desélecteurs âgés d’au moins 25 ans.
A. — ROYAUME DE PRUSSE
Notice historique. — Origine des Hohenzollern. — La for-mation territoriale et politique de l’Etat prussien est avant tout l'œuvre d’unemême famille de princes, qui, depuis le douzième siècle, a montré dans sesprojets d’agrandissement une application, un esprit de suite et une persévé-rance tels qu’elle a pu supplanter la puissance de l’Autriche en Allemagne ,et substituer dans l’Empire sa souveraineté à celle des Habsbourg. — Par sonorigine, la maison de Hohenzollern appartient à la Souabe , comme sa rivale 1 .
1. Sur le plateau qui sépare le bassin du Neckar et du Rhin , à une lieued’Hechingen, s’élève le vieux manoir féodal des Hohenzollern , reconstruit etagrandi de 1815 à 1859. Sur la grande porte ogivale qui s’ouvre à l’entrée de cesmurs crénelés, chargés de tourelles et de bastions, on lit une inscription quirappelle l’association féconde de Sollern, Nuremberg et Brandebourg; et dansune niche plus élevée, est sculpté en relief un guerrier emporté par son cheval.Au-dessus plane l’aigle noir, portant le blason de la famille avec cette devise :« Du rocher à la mer. » Ce château primitif des Hohenzollern date historique-ment du douzième siècle comme les princes eux-mêmes.