Malgré l'imagination subtile des fabricants d’arbres généalogiques dont Fré-déric II se moquait, ils reconnaissent comme premier ancêtre authentique,Burckard de Zollern, qui vivait vers 1061. Suivant la tradition, ils mirentleur épée au service des Hohenstaufen contre les compétiteurs du dedansaussi bien que contre les ennemis extérieurs, et reçurent en récompensedes abbayes, le titre de comte, et au douzième siècle, sous Henri VI , leburgraviat de Nuremberg . C’est alors que la famille se divisa. La ligneaînée ou souabe garda la possession du manoir de Zollern et de la villed’Hechingen , et ne joua qu’un rôle effacé dans l'histoire; subdivisée elle-même en deux branches au seizième siècle, les Hohenzollein-Hechingen etles Hohenzollern-Sigmaringen , elle abdiqua des deux côtés en 1849 entreles mains du roi de Prusse, Frédéric-Guillaume IV ; un descendant desSigmaringen, Charles de Hohenzollern , appelé par le libre choix du peupleroumain, en 1866, a fondé en Roumanie une dynastie héréditaire. A la lignecadette, qui reçut les biens patrimoniaux de Franconie , étaient réservéesde plus hautes” destinées.
A son avènement, Rodolphe de Habsbourg (1273) concéda à son amiFrédéric III de Hohenzollern , qui avait puissamment contribué à le faireélire, l’hérédité du burgraviat de Nuremberg . Ses successeurs, reconnais-sants envers des vassaux toujours prêts à leur fournir des lances ou à leurprêter de l’argent, agrandirent ce domaine par la cession d’Anspach et deBaireuth ; Charles IV donna une de ses filles en mariage au princeJean II (1350) et plus tard éleva les Hohenzollern à la dignité de princesd’Empire. Le burgrave Frédéric VI mit sa dynastie au premier rang parl’acquisition du margraviat de Brandebourg .
Les Hohenzollern dans le Brandebourg (1477). — Depuisplusieurs siècles, les comtes chrétiens établis sur la rive gauche del’Elbe luttaient contre les païens Slaves, Obotrites , Wilzes, Ilavé-liens, etc., qui campaient sur la rive droite. Après Charlemagne, Henri I eret les Ottons n'avaient pas cessé de les combattre. Le prince ascanienAlbert le Beau ou Albert l’Ours eut la gloire de conquérir la grande for-teresse païenne de Brannibor ou Brandebourg , dans les marais de laHavel (1157), et la force de s’y maintenir; il soumit le pays d'alentour,le convertit et le germanisa. Le margrave de Brandebourg manda des colonsde Saxe, des bords du Rhin et des Pays-Bas , transforma les marais enterres cultivées et, par une organisation administrative nouvelle, commençala fusion des races germanique et slave. Cette œuvre féconde de colonisa-tion continua sous les margraves ascaniens, successeurs d’Albert l’Ours, enmême temps que la nouvelle marche de Brandebourg s’agrandissait de laLusace, d’une partie de la Misnie et de la Saxe, des villes de Potsdam ,Spandau, Francfort-sur-l’Oder , Landsberg, etc. L’extinction de la familled’Albert l’Ours avec Waldemar le Grand (1319) et son cousin Henri leJeune (1320), et la désastreuse administration des princes bavarois, à quil’empereur Louis avait inféodé le Brandebourg avec la dignité électorale(1324-1373), compromirent gravement l’œuvre accomplie parles Ascaniens :les Hohenzollern la reprirent et la sauvèrent.
Impuissant et besoigneux, l’empereur Sigismond 1er vendit l’électorat deBrandebourg au burgrave de Nuremberg, Frédéric VI (1417), qui prit lenom de Frédéric I or . Le pays était livré au pillage et à l’anarchie ; les villesentendaient garder leur autonomie; les nobles refusaient d’obéir et derendre les domaines usurpés. Parmi ces hobereaux turbulents « vrais bri-gands de grande route » se trouvaient les aïeux des Bulow, des Alvensle-ben, des Schulenbourg, des Arnim et des Bismarck. A force de pré-