Les deux puissances rivales se trouvèrent en présence dans la Confédéra-tion germanique, dont l’Autriche avait la présidence. En 1849, à la suite dumouvement révolutionnaire qui agita l’Allemagne tout entière, le parlementde Francfort offrit la couronne impériale au roi FnisDisRio-Gun-LAUME IV. 11refusa, la Prusse reprit modestement sa place dans la Confédérationreconstituée, et continua, dans la politique extérieure, à recevoir le motd’ordre de Vienne. Au dedans, bien que Frédéric-Guillaume IV eût déclaréà son avènement qu’il n’y aurait jamais une feuille de papier entre sonpeuple et lui, il dut octroyer à ses sujets révoltés une constitution parle-mentaire (184S).
Les Hohenzollern, empereurs d’Allemagne (1870).— Son
frère et successeur, Guillaume I or , proclamé roi le 2 janvier 1861, semontra peu disposé à obéir à l'intérieur aux prescriptions de la diète, etau dehors aux volontés de l’Autriche . Il fit de l’œuvre de réorganisationde l'armée la préoccupation constante de son règne, modifia la loi mili-taire de son autorité privée, et prépara une armée formidable de600000 hommes que son ministre, Othon de Bismarck-Schœnhansen, des-tinait à la fondation prochaine de l’hégémonie prussienne en Allemagne .« C’est par le sang et par le fer, non par des discours, disait celui-ci, que« les Etats grandissent. » 11 fit une première application de cette doctrinepolitique, qui n’a jamais cessé d'être celle de la Prusse elle-même, contrele Danemark en 1864, avec l'appui de l’Autriche entraînée dans une lutteinique par un allié qui la trompait (v. p. 244); puis contre l’Autriche elle-même, qui refusait de lui laisser-prendre la plus grosse part des dépouillesdu petit royaume démembré. La Confédération germanique fut suspendue, laguerre déclarée à l’Autriche, à laquelle la plupart des Etats secondaires alle-mands restèrent vainement fidèles. Les armées prussiennes, préparées delongue main à cette guerre imprévue et secondées par les troupes de l’Italie quiopéraient dans le sud, envahirent en même temps la Saxe, le Hanovre etla liesse : la victoire foudroyante de Sadowa, en Bohème (3 juillet 1866),consterna l'Autriche et les confédérés, et alarma l’Europe, la France sur-tout, dont l’indifférence complaisante avait favorisé ce dénouement, grosde périls pour l'avenir. Les préliminaires de Nikolsbourg, ratifiés àPrague (23 août), prononcèrent la dissolution de la Confédération germa-nique, exclurent l’Autriche de l’Allemagne , et laissèrent la Prusse libre dela réorganiser à son gré. Le Schleswig, le Holstein, le Lauenbourg naguère enlevés au Danemark, le royaume de Hanovre , les États libresde la Hesse, de Nassau, de Francfort , incorporés militairement à la Prusse,furent la rançon de la défaite. La Saxe , grâce à l’intervention diplomatiquede la France,"garda son intégrité; la Bavière, la Hesse grand-ducale n’eu-rent à céder que quelques dislricts sans importance; Bade , le Wurtembergen furent quittes pour des frais de guerre. Le royaume de Prusse étaitagrandi de trois provinces; une nouvelle confédération dite de l’Allemagne du Nord, comprenant les Etats situés au nord du Main, était reformée, etun nouveau Zollwerein reconstitué sons sa direction officielle avec un con-seil fédéral et un parlement douanier siégeant à Berlin ; une grandemarine de commerce sortie de ses ports portait le pavillon allemand danstoutes les mers du globe; une marine de guerre se formait dans les radesfortifiées de Kiel et de Wilhemshaven . La Prusse se préparait activementet discrètement à la lutte contre la France .
La politique aveugle on indécise de Napoléon III ne sut ni déjouer lesembûches de la diplomatie prussienne, ni prévenir un conflit perfidementourdi par le premier ministre de Prusse, ni préparer une guerre que le