Saxe , et les convertit au christianisme ; après la dissolution de son erh- 1pire, un duc saxon, Henri l’Oiseleur , fut, en 919, élevé à la royauté enGermanie, et ses descendants Otton le Grand et les Ottonides reçurent lacouronne impériale. Dépouillés du pouvoir au profit de la maison âe Fran-conie en 1024, les ducs se mirent à la tête de l’opposition, et après un retourde fortune éphémère sous LothaireII, combattirent de nouveau sous Henrile Superbe et Henri le Lion , la maison de Ilohenstaufen qui les avaitsupplantés. Frédéric Barberousse fit une rude chasse au lion , et le réduisità l'impuissance. La Saxe fut démembrée, et le duché amoindri fut cédé àun prince ascanien, fils du margrave de Brandebourg, Albert l'Ours. — Lamaison ascanienne s’éteignit en 1422, et un seigneur de la maison de Wet-tin, le marquis de Misnie , Frédéric le Belliqueux, obtint de l’empereurle duché saxon avec la dignité électorale ijue la Bulle d’Or de 1356 luiavait attribuée : c’est ce prince qui est le véritable aïeul de tous les princesqui portent aujourd’hui le nom de Saxe . Ses deux petits-fils, Ernest et Albert,se partagèrent en 1435 l’héritage paternel et fondèrent les deux maisons,Ernestine et Albertine, qui ont eu dans l’histoire des destinées différentes.
La branche ainée ou Ernestine, sous Frédéric 111 le Sage, fils d’Ernest,favorisa le luthéranisme naissant, et sauva peut-être Luther du bûcher en luiouvrant l’asile de la Wartbourg ; sous Jean i,e Constant, frère, de Fré-déric III , elle propagea la doctrine nouvelle, et adhéra à la ligue de Smal-kalde; sous Jean-Frédéric i.e Magnanime, elle combattit pour elle à Miilh-berg (1547), fut vaincue et dépouillée par Charles-Quint au profit de labranche cadette, représentée par Maurice. — La ligne cadette ou Albertine ,plus dévouée à la maison de Habsbourg , ne soutint d’abord que molle-■ ment la Réforme, et l’abandonna ensuite pour obtenir les dépouilles de
I ses cousins. Mais à peine investi de l’électorat de Saxe , Maurice viola
ses serments, dt se lit le champion du protestantisme contre l’empereur.La mort débarrassa Charles-Quint de cet adversaire redoutable (1553);son frère, Auguste III (1553-85), régna pacifiquement, et fit prospérerses Etats par l’industrie et le commerce. Leurs successeurs, médiocres ouimpuissants, livrés aux influences des courtisans ou des prédicateurs, à; l’époque de la terrible guerre de Trente ans, ne surent pas faire servir lesévénements à l’agrandissement de leur territoire ou au prestige de leurmaison. Ils se contentèrent d'inaugurer « cette vie de magnificences et de: » fêles qui fit pendant un siècle de la cour de Dresde , la plus brillante
» de l’Allemagne , et dont le souvenir se perpétue dans la ville elle-mêmej » par un grandiose ensemble de palais, d'églises et de musées. »
j (A. Himly.) Tandis que leur rival, le Brandebourg, s’étendait sans cesse,
; les Saxons ne faisaient qu’une acquisition importante, la couronne de
Pologne; encore l’élection de Frédéric-Auguste 1 er à Varsovie (1697),
! prépara-t-elle de grands déboires à ses successeurs. — Auguste II leI Fort fut chassé du trône polonais par Charles XII , et devint l’homme-ligedes cours de Russie et d’Autriche qui le rétablirent sur son trône ; cettei vassalité s’accentua sous Auguste III , que les régiments de la tsarine main-
( tinrent contre la noblesse polonaise , et que son premier ministre, le comte
de Brühl , inféoda à Marie-Thérèse. Le roi de Prusse, Frédéric IL lui fitdurement payer cette politique d’abandon en rançonnant sans merci l’élec-torat de Saxe pendant la guerre de Sept ans. A’ son tour, -la Russie dé-pouilla la Saxe de la Courlande (1758), et Catherine II lui enleva la cou-ronne polonaise au profit de Stanislas Poniatowski (1664). — Son petit-fils, Frédéric-Auguste Itl (1763-1827), créé duc de Varsovie par Napoléon I er ,dont il avait servi la cause (traité de Tilsitt, 1807), et qu'il ne sut pas
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