468 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.l’Allemagne subissent l'influence irrésistible de la germanisation, au pointd’ètre confondues avec les Allemands d'origine. Quiconque habite d’unemanière permanente le territoire de l’empire est tenu d’apprendre et deparler la langue officielle. » On partage habituellement les dialectes popu-laires encore en usage en deux groupes : le haut allemand , devenu lalangue littéraire, dialecte des régions élevées du territoire; le bas allemand ,parlé dans la zone des plaines basses, depuis la mer jusqu’à une ligne plusou moins sinueuse, marquée, à partir des sources de la Sarre par liupen,Solingen, Sachsenhausen, Münden, l’embouchure de la Saale, Guben ,Zullichau . — Instruction publique : Enseignement frimaire, gratuit etobligatoire (sous peine d’amende et même d’emprisonnement des chefs defamille responsables), donné dans les salles d 'asile ou jardins d’enfants(Kindergàrten ), dans les écoles primaires ou élémentaires (à partir de6 ans) ; dans les écoles bourgeoises (bürgerschulen) jusqu’à 15 ans :37 000 écoles environ et 7 millions d’élèves. — Enseignement secondaire donné dans les écoles réelles (Realschulen ) et les écoles bourgeoisessupérieures (hôhere bürgerschulen), 463 écoles, 89 000 élèves; dans lesgymnases et progymnases, 590 écoles, 108000 élèves. — Enseignementsupérieur, donné dans les Universités au nombre de 29: 9, en Prusse,celle de Berlin (fondée en 1809), près de 6000 étudiants; de Bonn (1818);de Braunsberg, de Breslau (1811) ; de Fribourg (1697); de Greiswala(1456); de Halle (1502-1694-1817); de Heidelberg , (1386-1802); deKiel (1655); de Konigsberg (1544); de Marbourg (1527); de Munsteret de Rostock (1419) ; 1 en Saxe, Leipzig (1499) (3 400 étudiants);1 dans le duché de Saxe-Cobourg-Gotha, Iéna (1357); 1 dans le grandduché de liesse, Giessen (1607); 3 en Bavière, Munich (1746); Würz-bourg (1402) ; Erlangen (1743) ; 1 dans le Wurtemberg, Tübingen (1770) ;1 dans le Hanovre, Gottingen (1537); 1 en Alsace, Strasbourg (1874). —Justice : Avant 1870, chaque Etat avait son Code, et ses lois, L’Etatprussien tend à ramener l’unité dans ce chaos judiciaire par la création detribunaux supérieurs (Oberland gerichte) et de tribunaux régionaux(Landgericht) ; à Leipzig, siège la Cour suprême de Cassation; à Lubeck , letribunal supérieur des 3 villes libres, chargé aussi déjuger les crimes d’Etat.— Cultes. Eglise protestante officielle ; l’église évangélique confond aujour-d’hui les luthériens et les réformés. Le roi nomme les membres du consis-toire de chaque province, qui administrent les affaires de l'Eglise. —Eglise catholique dissidente ; le pape refuse de laisser à l’Etat la nomina-tion des membres du clergé, dont l’Etat entend faire un corps de fonction-naires ; de là la lutte, désignée sous le nom de Kulturkampf , qui a amenéune rupture éclatante entre l’empire et la papauté, l’interdit sur certainsdiocèses, la privation de traitement, les amendes et même l’emprisonne-ment des prélats opposants *. (V. le tableau, p. 533.) — Armée . Le
1. La Bavière est restée, au dix-neuvième siècle, comme elle l’était au dix-septième, le foyer principal et la citadelle du catholicisme en Allemagne . Unpetit village des Alpes Bavaroises, Obor-Ammergau, perdu dans les hautes mon-tagnes escarpées et boisées au milieu desquelles coule le torrent de l’Ammer, ausud de Munich , a même conservé l’usage de représenter, tous les dix ans, ledrame de la Passion, tel qu’il était joué au moyen âge par la Confrérie de laPassion . Le spectacle dure de huit heures du matin à cinq heures du soir, avecune heure d'entr’acte, et recommence chaque jour pendant plusieurs semaines.« Tout le village prend part à la représentation, depuis les vieillards jusqu’auxy> enfants. Ceux qui ne sont pas acteurs sont musiciens ou organisateurs de la