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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ALLEMAGNE .

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eau croupie qui résonne, plate et morne au choc d’une pierre;le bruit des moulins à eau dans la petite vallée derrière le châ-teau, et, par les crevasses de la façade, le Rhin avec quelquesbateaux à vapeur. » (Victor Hugo , lettre 17.)

« ... Le Rhin a vu la figure et a reflété l’ombre de presquetous les grands hommes de guerre qui, après trente siècles, ontlabouré le vieux continent avec ce soc qu’on appelle l’épée. Césara traversé le Rhin , en descendant du midi; Attila a traversé leRhin, en montant du septentrion. Clovis y a gagné la bataillede Tolbiac. Charlemagne et Bonaparte y ont régné. L’empereurFrédéric Barberousse, l’empereur Rodolphe de Habsbourg et lepalatin Frédéric, y ont été grands, victorieux et formidables.Gustave-Adolphe y a commandé ses armées du haut de la guéritedeCaub. Louis XIV a vu le Rhin. Enghien et Condé l’ont passé;hélas ! Turenne aussi. Drusus y a sa pierre à Mayence , commeMarceau à Coblentz et Hoche à Andernach 1 .

» Ce noble Rhin , que les Romains nommaient Rhenus superbus,tantôt porte les ponts de bateaux hérissés de lances, de pertui-sanes ou de baïonnettes, qui versent sur l’Allemagne les arméesd’Italie, d’Espagne et de Franco , ou reversent sur l’ancien monderomain, toujours géographiquement adhérent, les anciennes

1. Au confluent du Rhin et de la Moselle , et à peu de distance au sud duconfluent de la Lahn, est située la vieille ville de Coblentz . De tout temps, de-puis les Romains, grâce à sa magnifique position, elle a été une des gardiennesdu fleuve. De nos jours, les Prussiens en ont fait un camp retranché formidable,comme de Metz, de Strasbourg, de Mayence . Outre la citadelle, cette place deguerre comprend les forteresses d’Ehrenbreitstein qui domine un plateau de larive droite du Rhin, complétée par les forts d’Arzheim , d’Aster et de Rheinhell;et sur la rive gauche le fort Alexandre, au sommet du plateau de la Chartreuse,flanqué du fort Constantin et du fort Blücher , et plus au nord, à gauche de laMoselle, au pied du plateau de Pétersberg, des forts Moselle , François, Buben-heîm etNeuendcrf. C’est là, entre ces lignes de défense, au pied du Pétersberg ,que s’élève le tombeau du général Marceau, tué en 1796 à Altenkirchen . Sur lescotés du monument, simple sarcophage de marbre noir surmonté d’une pyramidetronquée, se lisent plusieurs inscriptions; nous citerons les deux suivantes :« Ici repose Marceau, né à Chartres, département d’Eure-et-Loir , soldat à XVI ans,« général à XXI. 11 mourut en combattant pour sa patrie, le dernier jour de« l’an IV de la République française . Qui que tu sois, ami ou ennemi de ce jeune« héros, respecte ses cendres! » L’autre reproduit les nobles paroles prononcéesau lit de mort de Marceau par le baron de lvray, général en chef do l’armée autri-chienne : « Je voudrais qu’il m’eût coûté le quart de mon sang et que je vous« tinsse en santé mon prisonnier, quoi que je sache que l’empereur, mon maître,« n’eût en ses guerres plus rude ni plus fâcheux ennemi! » — Les restes deHoche, mort à Wetzlar l'année suivante(1797), et dont le monument se trouve àWcissenthurm, près d’Andernach et de Neuwied , ont été déposés à côté de ceuxde son frère d’armes. Dans le même cimetière, reposent aussi les malheureuxsoldats français prisonniers, morts an camp de Pétersberg , pendant l’hiver del’année terrible (1S70-71.)