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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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482 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

de ces hauteurs ne descendent que très rarement dans la vallée,et leur industrie consiste à fabriquer des horloges en bois et àsonnerie vulgairement appelées coucous. »

Le centre de la fabrication des horloges en bois (coucous) et des orgues,est Fürtwangen , petite ville de 2000 hab., où le gouvernement grand-ducal a établi une école d’horlogerie. L’invention des horloges à poidsest due aux Lorrains; Frédéric II en reçut une du sultan Saladin , etl’usage s’en répandit sur- les bords du Rfiin au quatorzième siècle. Cetteindustrie devint florissante dans la Forêt-Noire qui exporte, chaque an-née, 200 000 horloges en Europe et en Amérique . « Lorsque, parti du» fond d’une des vallées de la Forêt-Noire, on a grimpé pendant une» heure le flanc escarpé de la montagne couverte de sapins, on arrive» tout à coup sur un vaste plateau couvert de prairies et de champs cul--» tivés ; des troupeaux de chèvres et de vaches portant des clochettes» y paissent librement; un enfant vient à vous et vous conduit dans une» maison de bois aux larges balcons et couverte de chaume. Vous entrez,» et vous trouvez un atelier d’horlogerie. Les hommes sont occupés à scier» le bois, à découper les cages des horloges, à lisser les roues, à» enrouler de cordes les cylindres, à attacher les poids, à peindre des» chiffres et des arabesques sur les cadrans, à disposer les tuyaux et les» rouages des horloges à musique. Les femmes aussi manient la lime et le» ciseau... » (M. Engelhard.)

A Triberg , petite ville visitée pour sa belle cascade qui tombe par deschutes successives de rocher en rocher au milieu d'un bois de sapin, leshabitants fabriquent des chapeaux de paille. Ils ont conservé le costumeoriginal de leurs ancêtres. « Les paysans portent le chapeau à large bord,» la grande redingote du dix-septième siècle, le gilet rouge, la culotte de» velours, les souliers à boucles. Les femmes portent la robe courte, atta-» chée au-dessus des hanches. Deux longues tresses de cheveux, ornées de» rubans, pendent derrière leur tête. Elles ont un chapeau rond, de» forme haute, en paille jaune vernie. Quelques-unes sont coiffées du cha-« peau de feutre noir, bas de forme et orné de grosses houppes de» laine. » (Id.)

Mais la grande richesse du pays, et en particulier de la vallée de laMurg , est dans les vastes forêts de hêtres, mélèzes, pins, merisiers etsapins qui recouvrent les flancs des montagnes de leur noire verdure, etencadrent la vallée du Rhin à droite, faisant face aux ballons boisés desVosges. Dans la vallée de la Murg , une société fondée depuis plusieurssiècles, est propriétaire de vastes forêts qu’elle exploite; elle a de nom-breuses scieries sur les cours d’eau, des bûcherons, des gardes-forestiers,des flotteurs. Le schlittage usité en Alsace étant impraticable dans la Forêt-Noire à cause de la raideur des pentes coupées de précipices, on l’a rem-placé par le flottage dans les torrents. Quant à l’eau, elle est fournie pardes bassins-réservoirs qui se remplissent à la fonte des neiges et après lesfortes pluies, et qui sont établis dans la partie supérieure des torrents.Quand on veut faire descendre les bûches et les troncs d'arbres, on ouvreles écluses, et la masse des eaux se précipite et les entraine. Cette descenterapide s’appelle la Schwettwng, et attire toujours une multitude decurieux. M. Engelhard décrit ainsi la Schwellung dont il a été témoin auconfluent du Hundsbach et du Schwartzenbach qui, réunis, forment le Rau-munzaeh, affluent de la Murg .