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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ALLEMAGNE . 409

Paris, de Londres , et de la plupart des autres cités principalesde l’Europe !

» Ce n’est donc point à cause du charme ou de la richesse deses campagnes que Berlin est devenue une ville de premier ordre.Elle n’a pas non plus l’avantage d’être située sur un grandfleuve ou dans le voisinage de mines d’une exploitation facile.Agglomération de maisons vulgaires au milieu de la moinspittoresque des plaines, Berlin est bien une ville modèle, comme^ chef-lieu d’un monde d’employés et de paperassiers ; elle est la

capitale qui convient à un peuple de sujets obéissants et con-vaincus. Pourtant ce n’est point à la volonté d’un despote ni àl’appel incessant d’une administration centralisatrice qu’il fautattribuer le rapide peuplement de Berlin . Sans doute ces causesont agi dans une certaine mesure. Des souverains ont fait venirdu dehors des ouvriers d’élite, des professeurs, des savants, etles bureaux se sont peuplés d’employés accourus de toutes lesparties du royaume si rapidement agrandi 1 , mais cette partd’accroissement due à l’action de l’Etat est peu de chose en pro-portion du mouvement d’immigration libre qui se porte de plusen plus activement vers la grande cité. Il serait puéril de vouloirattribuer au seul fait de la présence d’un roi un groupementÿ d’hommes aussi considérable. Si les avantages dont jouit Berlin

par sa position géographique ne sautent pas tout d’abord auxyeux, ils n’en sont pas moins réels.

» Considérée dans ses rapports avec les districts du voisinageimmédiat, Berlin , tous s’accordent à le reconnaître, occupe unemplacement nécessaire. En effet, la partie la plus ancienne dela ville, désignée jadis sous le nom de Kôlln ou Collin, est unîlot qu’entourent deux bras étroits de la Sprée . Nul endroit n’étaitplus favorable pour servir de lieu de résidence sûr et commodeà une population de pécheurs. Des deux côtés de la rivière, delégères éminences, interrompant la zone riveraine des terrainsmarécageux, permettaient aux habitants de bâtir des tours deguet et des ouvrages de défense ; sur les deux bras resserrés du^ cours d’eau se trouvaient aussi les meilleurs emplacements pour

la construction de moulins et l’établissement de lacs et de ponts.La petite île, une « cité » comme celle de Paris , mais plus

1. Voir sur cette colonisation de Berlin et des Etats Prussiens, la Notice histo-rique , p. 428.