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milliers, venant chercher la fortune, n’ont trouvé que lamisère! Le prix des denrées et des marchandises s’est accru avecune effrayante rapidité, et souvent des populations entières ondû gîter en dehors de la ville, sous des tentes, sous des planchesmal jointes et des wagons brisés. Le va-et-vient continuel desgens non mariés, la misère, les oscillations de fortune ont aussipour conséquence une effroyable démoralisation.
» A l’intérieur, Berlin n’a point de perspectives grandiosesqui rachètent un peu la monotonie des plaines environnantes.A son entrée dans la ville, la Sprée est une rivière assez large,ayant en moyenne 230 mètres de rive à rive; mais, saignée pardes canaux de navigation, elle se rétrécit peu à peu, puis separtage en deux bras qui traversent l'ancienne ville en fossés quifaisaient autrefois le tour des remparts; à l’endroit où les eauxrentrent dans un lit commun, la Sprée n’est plus qu’un égout.Les terrains qui la bordent sont en grande partie mous et fluides,même composés cà et là de myriades d’infusoires; il a fallu lesconsolider par de nombreux pilotis pour soutenir les constructions.
» Les principaux édifices s’élèvent au centre de Berlin , dans lequartier insulaire qui fut l’ancienne ville, et des deux côtés de labelle avenue d’Unter den Linden (Sous les Tilleuls ), qui mènede la place du Château au parc Occidental appelé Thiergarten.Sur un espace qui n’a guère que 1 200 mètres dans tous les sensse pressent l’Hôtel de Ville, le Château, l’Arsenal, l’Université,l’Académie, les Musées , la Bibliothèque, l’Opéra, le GrandThéâtre, la Bourse, les principaux palais, les plus belles églises.Quelques-uns de ces monuments renferment des trésors. Lechâteau possède des objets d’art nombreux; l’arsenal, qui doitêtre transformé en temple de la gloire, a des armes de touteespèce et de toutes les époques ; l’ancien musée, dont le péristylea été décoré par Cornélius de fresques mythologiques incom-préhensibles, n’a pas d’œuvres capitales parmi ses tableaux etses statues, mais les richesses sont bien classées ; le nouveaumusée, renfermant des collections diverses dans ses salles etses galeries égyptiennes, grecques, romaines, Scandinaves,germaniques, est célèbre par les six grandes fresques de Kaul-bach, qui représentent l’histoire universelle, telle qu’il l’a conçueet que la comprenait son patron Frédéric-Guillaume IV , l’édifi-cateur du palais, « l’aigle royal du soleil, le chéri du Tof et dela Saf » dit une inscription. Sur les fresques de Kaulbach,Moïse ouvre la marche, Frédéric II la ferme; c’est à lui,
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