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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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504 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

sembie-t-il, que s’arrête le cours des temps. » — (Elisée Reclus ',l’Europe centrale , Nouvelle géographie universelle, t. III, p. 834 ;Paris, in-8°, ill. 1878, Hachette .)

Les Allemands appellent prétentieusement Berlin la Ville de l’Intelligence(.Intelligenz Stadt), à cause de ses établissements scientifiques et litté-raires, académies, sociétés savantes, hautes écoles; de ses laboratoiresadmirablement installés, de ses collections, de ses jardins botaniques, etde sa riche bibliothèque qui renferme plus d'un million de volumes etde 20000 manuscrits, chiffres d'ailleurs très inférieurs à ceux des biblio-thèques de Paris et de Londres . Les monuments et édifices les plus remar-quables et les plus nombreux sont ceux qui ont été érigés en l’honneur deshommes de guerre ou qui glorifient les combats. Ils sont comme le sym-bole de cette puissance prussienne qui doit à l’épée sa plus brillante for-tune. Sur la place de Paris s'ouvre la porte de Brandebourg , érigée ausiècle dernier, d’après le modèle des Propylées, et surmontée d’un quadrigeoù se dresse une Victoire de bronze. La place Guillaume est décorée d’ungroupe de statues de six généraux contemporains de Frédéric II ; sons lesfenêtres du château impérial s’élève, dans la perspective de l’allée desTilleuls, la statue équestre en bronze de Frédéric le Grand dont le piédestalporte les héros de la guerre de Sept ans et les principaux savants etartistes de l’époque; sur la place de l’Opéra, les statues en marbre desgénéraux Scharnhorst et Bulow regardent les statues en bronze du maré-chal Blücher et des généraux York et Gneisenau. Le plus beau pont de Ber-lin, œuvre de Schinkel (1822-1824), qui conduit de l'arsenal au château,montre sur ses blocs de granit des groupes allégoriques en marbre de Car-rare, figurant l'éducation du guerrier; enfin c’est sur la grande placeRoyale, dans le West-End de Berlin , qu’a été élevé récemment le monu-ment commémoratif de la guerre de 1870 (Siegessaule ) ; il est en granit, àtrois étages, et porte au centre une colonne surmontée par une Victoirecolossale. Nous ne parlons pas des vastes établissements militaires, descasernes, qui tiennent dans la ville une place considérable. Plus raressont les monuments élevés à la mémoire de savants, de littérateurs oud’artistes; celui de Schiller se dresse devant le Théâtre Royal ; Gœthe a lesien au Thiergarten; on vient de se décider à placer celui de Ilumboldt dansle nouveau parc du Humboldthain, ouvert en 1869 au nord de la capitale.« L’élément poétique manque à Berlin . On n’y trouve guère d’éléments« vénérables, dit M. Ch. Vogel, rien n’y procède de la fantaisie, tout est» systématique, réglé sobrement à l’équerre et au compas, d’une ordon-» nance quasi militaire. L'esprit général de la population, positif et froi-» dement réfléchi, caustique et satirique, n’a rien de cet abandon et de» celte bonhomie qui rendent les habitudes viennoises beaucoup plus sym-» pathiques, aux Allemands du sud notamment. La différence de carac-ii tère entre la métropole du Danube et celle de la Sprée n’est pas moindre» qu’entre Paris et Londres . »

L’industrie de Berlin est très active, et extrêmement variée. Manufac-tures, filatures et tissages, ouvrages de maroquinerie et de papeterie,objets d’habillement et de toilette; pianos, instruments de précision pourles mathématiques, la physique, la télégraphie, la chirurgie ; meubles, voi-tures, céramique, orfèvrerie, bijouterie, usines métallurgiques, fabriques

t.Sur M.E, Reclus et son œuvre magistrale, voy. nos Lect.sur l’Amérique , p. 143.