. 508 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
mères l’étaient, au seizième siècle. Elles ont un spencer noir,bordé en haut et en bas d’nn ruban vert, s’ouvrant devant lapoitrine en forme de cœur, et laissant voir une étoffe éclatantesur laquelle sont fixés des bijoux de cuivre doré ou argenté. Dela ceinture part un large tablier, bleu le plus souvent, et qui estplus court de quelques doigts seulement que la jupe, qui estrouge d’ordinaire ; les jambes sont couvertes de bas rouges, etles pieds enfermés dans des souliers noirs très évasés. Elles sontcoiffées ou de cagnottes rouges, ornées par derrière de larges *
rubans noirs et retenues par des mentonnières de même couleur,ou de chapeaux de paille, ayant la forme de cabas ronds. Leurscheveux blonds, réunis dans deux tresses parallèles et enveloppésaux extrémités dans des rubans noirs, leur tombent derrière le «
dos, comme chez les filles de Zurich et de Lucerne ...
» ... Les promenades sont délicieuses à Hambourg . Le sot,fertile et humide, convient admirablement aux arbres, qui nesont nulle part plus élevés et plus vigoureux. De ses remparts,détruits par Napoléon, on a fait des promenades charmantes quientourent la ville, comme dans une ceinture de gazons et defleurs. De l’Elbhohe ou Stintfang qui domine le port on jouitd’une vue admirable. A ses pieds on a le Binnen-Hafen avec saforêt de mâts et sa cohue de vaisseaux, et, au delà de l’Elbe , les ^
plaines du Hanovre , s’étendant à l’infini et couronnées à l’horizonde montagnes bleues; à sa droite la ville d’Altona , et à sa gauche,en se retournant un peu, le panorama de Hambourg .
» A l’exception de Paris et de Londres , je ne connais pas deville qui ait autant de vie et de mouvement. Emprisonnée dansses fortifications, elle n’a pas pu s’agrandir à mesure que seshabitants se multipliaient. Aussi ses maisons sont-elles pleineslittéralement de la cave au grenier ; les sous-sols sont très re-cherchés à Hambourg . Tous les cabarets et toutes les boutiquesde second ordre se trouvent dans les caves; c’est dans ces baslieux que le Hambourgeois, après une journée consacrée au tra-vail, aime à se rendre. Il y va d’ordinaire au sortir du spectacleou du cercle : il y soupe et boit, et y fume. On ne persuadera ^jamais à un banquier de Neuer Yungfernstieg, ni à un grosmarchand de Neuer Wall que le vin peut être aussi bon dans dessalons vastes et aérés que sous les voûtes écrasées d’une caveétroite 1 .