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dont vous vous attribuez la découverte. Traversez une fois NeuerWall , toutes ses richesses, toutes ses beautés, vous seront con-nues ; pénétrez dans Catherine Strasse, vous n’en sortirez jamaissans avoir fait une nouvelle trouvaille, sans avoir découvertquelque merveille qui, jusqu’alors, avait échappé à vos re-cherches...
»... Les Hambourgeois sont des gens d’ordre, soigneux etpropres. Les maisons, qui datent de six siècles, sont en aussi bon> état que celles qui ont été construites après l’incendie de 1842.
Habitées par des familles de la classe aisée, elles ont toujours étéréparées à temps, appropriées aux habitudes, aux usages mo-dernes, et leur vétusté n’est qu’un témoignage éclatant de l'es-prit de suite et de conservation de ceux qui les possèdent. Lescroisées, en général très rapprochées, sont garnies de vitres toutà fait à fleur de façade et d’une propreté irréprochable. Ellessont toutes ornées de vases de fleurs, et vous ne sauriez croirel’effet charmant que produisent les fuchsias suspendus à leurstiges vertes, si rouges et si frais, au milieu de ces murs que letemps a noircis et rongés...
» ... Les canaux qui coupent ces vieilles rues sont tout à faitpareils à ceux de Venise , datant de la même époque et construitsdans le même style : il n’y a pas de quais. Les maisons sont^ bâties sur pilotis, de sorte que les marchandises, transbordées au
port dans de petits bateaux, sont apportées par eux presquedevant la porte des magasins qui doivent les recueillir. Plusieurs'canaux sont très vastes, plus vastes que le canal Reggio , pareilsau canal Grande. L’eau est profonde, et, si ce n’était les pontsqu’il faut traverser, on pourrait voir s’y promener plusieurs desvaisseaux qui viennent de traverser l’Atlantique.
» ... A Hambourg , les costumes nationaux ont disparu...Les Vierlandaises 1 seules sont vêtues aujourd’hui comme leurs
1. Les Vicrlande ou Quatre-Pays , qui s'étendent au sud-est, entre l’Elbe et laville, autour du bourg de Bergedorf, sont le jardin et le verger de Hambourg .« Les Vierlandais sont d’origine hollandaise ; chassés de leur patrie au xvi r siècle» pour cause de religion, ils furent recueillis par le Sénat de Hambourg et établis9 » sur ce coin de terre dévasté jusqu’alors par les eaux de l’Elbe et resté in-
» habité. Ces nouveaux colons, habitués à lutter contre la mer du Nord , eurent» bientôt raison des caprices d’un fleuve. Le terrain boueux, inculte et insalubre» qu’on leur avait donné, protégé par leur industrie, fertilisé par leurs travaux,» est devenu le jardin potager et le verger de Hambourg . Les habitants, pru-» dents, économes, laborieux, vivent dans la plus grande aisance. Quelques-uns» même sont fort riches ; ils n’en restent pas moins dans l’ile et sous l’humblen toit qui les a vus naître. Ils gardent le costume de leurs pères et viennent env paysans faire valoir à la Bourse leurs immenses capitaux. » (De Elàux.)