8(4 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
et s’effondrent par l’action de la mer. Pour donner au rivage lasolidité nécessaire, il fallait l’étayer par des digues. Ce premiertravail, souvent interrompu par les inondations, fut pénible,long et coûteux ; mais le génie tenace de la nation triompha dela faiblesse de la terre et des résistances de la mer. Les ingénieurspassèrent, sans perdre de temps, à la construction du port même,La marée s’y faisant vivement sentir, ils y disposèrent des éclusesde grandes dimensions pour retenir l’eau dans les bassins. A lasuite d’un avant-port où plongent deux jetées en granit que ter-minent deux môles, les navires venant de la mer traversent unepremière écluse qui s’ouvre dans le port extérieur. Une secondeécluse les introduit dans un canal, et ce canal conduit au port.C’est un bassin long de 1 100 pieds et large de 700. Au fondsont placées les cales de construction, les formes de radoub et lesateliers. L’eau dans les bassins est maintenue à la hauteur deneuf mètres, et les cales de construction sont de dimensions àrecevoir les plus grands navires. Le port de la Jade peut donccréer et abriter une flotte de premier ordre. » — (Paul Memîoau,la Flotte prussienne. — Bevue des Beux Mondes, mai 1876.)
Le port était inachevé en 1870 quand éclata la guerre de France . Ilavait déjà reçu son nom de Wilhemshaven (le port de Guillaume) depuisque le roi dé Prusse l’avait inauguré en 1869. Il n’en abrita pas moinsplusieurs frégates cuirassées et canonnières prussiennes qui fuyaientdevant nos vaisseaux. Les travaux furent repris activement après la guerreet achevés. Le port a coûté 73 millions, les fortifications 45. La ville deYVilhelmshaven, peuplée de 10 000 habitants, fait partie du district d’Au-ricli, province de Hanovre . Bâtie sur une plage de sable plate, aride etmonotone, sous un ciel gris et presque toujours nuageux, elle est un séjourmaussade; le commerce y est presque nul; toute l’animation de ce portartificiel est concentrée dans les ateliers de construction et les chantiers.« Point de vue dans l’intérieur de la ville; on y est enfermé comme dansun trou. Pour jouir d’une perspective étendue, ou pour voir la mer, ilfaut monter au haut des remparts, sur les ouvrages des fortifications ouauprès des batteries côtières, où les artilleurs de la marine s’exercent à lamanœuvre. « (C. Giiad, Nature, 2® sem., 1880.)
lies monuments nationaux : la Walhalla ;la statue d’Arminius ; la Germania.
« A huit kilomètres de Ratisbonne, sur la rive gauche du Da-nube , on aperçoit trois collines placées de front au bord dufleuve. Celle du centre, taillée à pic comme un piédestal, nue àsa cime, porte un temple grec, magnifique dans sa forme éblouis-