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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ALLEMAGNE . 513

a 16 kilomètres de longueur. Ouvert au nord, il s’enfonce ausud en formant entonnoir. La ville de Kiel est au fond. »

A la hauteur de la citadelle de Friedrichsort, la baie se rétrécit et n'aplus que 800 mètres d’ouverture : en face, sur la côte orientale, s’élève lefort de Stosch. C’est entre ces deux caps que l’entrée de la rade de Kiel avait été barrée en 1810 par des chaînes, des chalands chargés de pierreset de torpilles. Le fort de Falkenstein, au nord de Friedrichsort, celui deKorügen, au sud de Stosch, complètent la défense de Kiel . La baie d’Ec-kernfôrde, au nord-ouest de celle de Kiel , plus large que la précédente,est devenue aussi une des plus importantes stations navales pour l’escadrede la Baltique . Pour compléter ces avantages, un grand canal de jonction,creusé entre la Baltique et la mer du Nord , permettra aux bâtiments deguerre de se porter d’un rivage à l’autre par une route intérieure, sans passerpar les Belt et par le Sund, qui sont en la possession du Danemark , et quin’ont pu être prussifiis. (Voy. p. 240.)

« Le gouvernement de Berlin a cru devoir, en outre, se ménagerun poste fortifié dans la mer du Nord , en face de l’Angleterre,à côté d’Amsterdam, d’Anvers et près du Havre. Si Kiel était leseul port militaire de la Prusse, l’un des premiers mouvementsd’une escadre ennemie serait de fermer les détroits afin d’immo-biliser les bâtiments prussiens dans leur port de la Baltique , etd’assurer ainsi la liberté de l’Océan pendant une guerre. Ce butest plus difficile à atteindre, si une partie de la flotte prussiennese trouve placée au delà des détroits, s’il lui suffit de franchir lespasses d’un port ouvert sur une vaste étendue de mer libre, quipermette à Berlin de rayonner dans toutes les parties du monde...Il y avait, sur la mer du Nord , un lieu favorable à la créationd’un tel port : c’était le duché d’Oldenbourg . La Prusse acheta,en 1853, au grand-duc, au prix de 1 875 000 francs, un terrainde 310 hectares à l’embouchure de la Jade. Cette rivière se jetteau fond d’une baie de la mer du Nord, dont la profondeur etl’étendue sont loin de pouvoir être comparées au fiord de Kiel ,mais où des travaux considérables pouvaient permettre defonder un port militaire. — Singulière coïncidence : le gouver-nement prussien avait choisi cet emplacement, d’après l’avis deNapoléon I er , qui avait désigné comme propre à la constructiond’un grand port de guerre la baie de Jade , à l’époque où le dé-partement des Bouches-du-Weser était compris dans les limitesde l’empire français .

» Les travaux furent entrepris sans retard. L’œuvre était d’unaccomplissement difficile : les terres en cet endroit sont plates,stériles et composées d’une argile sablonneuse : elles se délayent