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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ALLEMAGNE .

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que la rétribution scolaire. Les universités allemandes sont richementdotées, et l’Etat leur accorde des subventions considérables pour la con-struction de laboratoires, la création de bibliothèques, le perfectionnementde leur outillage scientifique ; le laboratoire de Berlin n’a pas coûté moinsde 1200000 francs. (Voy. pour Strasbourg p.[378.) — Les cours sont enmajeure partie payants ; les uns publics, les autres privés. « Les études» de l'Université ont pour but de préparer les jeunes gens qui les ont» suivies, soit aux épreuves du doctorat, soit à ce que l’on nomme en» Prusse l’examen d’Etat (Staats Prüfung), que doit subir tout candidat» qui désire entrer dans une carrière libérale... Liberté entière est laissée» à l’étudiant de choisir le professeur qu’il préfère, car les examens se» font par des commissions centrales choisies en dehors des facultés. 11» lui est permis, de plus, de choisir l'université qui lui convient le mieux,» de passer, quand il lui plaît, de l'une à l’autre, et de se faire inscrire» pour les cours dont il croit avoir besoin. » (C. Hippead.)

Les universités allemandes ne sont pas seulement des établissementsscientifiques, elles sont aussi des écoles de patriotisme, et sont activementmêlées à la vie nationale. « Au lendemain de l’acquisition d’une province,» écrit M. Lavisse (Etudes sur l’histoire de Prusse , p. 312), nos rois» avaient coutume de créer un parlement qui portât aux extrémités du» royaume la tradition monarchique formée au centre d’après chaque con-» quête; les Hohenzollern créent une université.N’ont-ils pas en ce siècle-» ci fondé celle de Bonn après l'acquisition des provinces rhénanes, et, dek nos jours, celle de Strasbourg, après que nous avons perdu l’Alsace -» Lorraine ? » C’est en 1807, au lendemain d'Iéna et du démembrement dela monarchie prussienne àTilsitt, que fut décidée par Frédéric-Guillaume 111,avec le concours des professeurs Schmalz, Fichte, Guillaume de Humboldt ,la création de l’nniversité de Berlin. La voix de Fichte , lisant devant sesauditeurs ses « Discours à la nation allemande », était souvent couvertepar les roulements des tambours français . On sait quelle part prirent à laguerre de 1813 les étudiants de la nouvelle université, et comment elleprépara l’Allemagne à prendre la Prusse pour guide dans la guerre de dé-livrance nationale. Quarante-trois étudiants furent tués en 1814 et 1813,un plus grand nombre blessés : l’université célébra avec éclat la mémoiredes morts, et conféra des diplômes de docteur aux généraux et aux mi-nistres patriotes; Blücher , surnommé le général En avant, fut salué parelle des titres pompeux de Germanicæ libertatis vindicem acerrimum,gloriœ borussicæ reciperatorem, invictum, felicem, immortalem. De-puis ce temps, les professeurs continuent avec succès l’œuvre de « régéné-ration » dans ie sens de la politique prussienne : « L’université de Berlin,» disait publiquement en 1870 son doyen, M. du Bois-Reymond, casernée» en face du palais du roi, est la garde du corps intellectuelle de la» maison de Hohenzollern . »

L’émigration allemande ; les AllemandsLors d’Allemagne.

L’Allemagne vient immédiatement après la Russie pour la force numé-rique de sa population, parmi les Etats européens; hors d’Europe , ellen’est dépassée que par les Etats-Unis d’Amérique, avec un total de 30 mil-lions d’habitants en 1880, par la Chine avec 330 ou 400 millions, et par