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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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5Î8 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

l’Inde britannique avec 248 millions environ. Pendant la dernière périodedécennale, l'accroissement en Allemagne a été de 1,08 pour 100 de 0,38en France, de 0,47 en Autriche, de 0,75 en Italie, de 0,86 en Espagne , de0,98 en Belgique, de 1,32 en Russie , de 1,48 en Angleterre. « Le mal dontsouffre la France , c’est le ralentissement de son peuplement comparé auxprogrès des nations voisines. » Le dernier recensement fait en Allemagne en 1880, pour la période quinquennale de 1875-1880, accuse une augmen-tation de 2 506689 habitants, tandis que celle de la France (1876-1881)n’est que de 389673, soit 1,14 pour 100 en Allemagne et 0,29 en France ;encore ne tient-on pas compte dans les chiffres de l’Allemagne du total del’émigration qui, dans ces cinq années, a dépassé 150 000. En 1831, laFrance avait 32569 000 habitants, et le territoire de l’empire allemand actuel 29518000 ; en 1881, la France en comptait 37 millions et l’Alle-magne 43. « Notre stationnement relatif, dit M. Grad, équivaut à un véri-table recul en face de rivaux qui progressent. » Si celte progression con-tinuait, l’Allemagne aurait le chiffre formidable de 170 millions d’àmes à lafin du vingtième siècle 1 2 .

« L’accroissement rapide de la population détermine un mou-vement d’émigration considérable. Faute de colonies allemandes,ce mouvement se porte sur les colonies étrangères, et surtout ducôté des Etats-Unis d’Amérique. On se demande pourtant s’il nevaudrait pas mieux, dans l'intérêt commun des émigrants et dela mère-patrie, diriger le courant sur des colonies propres àl’Allemagne . Les sociétés de colonisation fondées dans les grandesvilles de commerce, à Hambourg, à Berlin, à Francfort , ont poséla question de la politique coloniale *. Le gouvernement com-prend l’importance majeure, sinon la nécessité de favoriser l’ex-tension du commerce allemand dans les diverses parties dumonde, afin d’assurer plus de débouchés à l’industrie nationale.De là, l’occupation de la côte des Cameroons dans l’Afrique occi-dentale , et du bassin d’Angra-Pequena, près de la colonie an-

1. « Chaque année, on compte en Allemagne une naissance sur 25 habitants,» en France sur 35. Années moyennes de 1871 à 1880, le nombre total des nais-» sances en France a été de 937243, en Allemagne de 1 771334. Une décroîs-» sance graduelle si manifeste dans la natalité en France , dont la proportion» annuelle par 1000 habitants est descendue de 32 pendant la décade de 1801 à» 1810, à 2G pendant la décade de 1872 h 1880. Chaque ménage français est une» famille peu nombreuse ; chaque ménage allemand est une famille nombreuse. »(G. Grad.)

2. On a pu voir récemment quelle importance le gouvernement allemand attache à cette question, et son intention manifeste de prendre position dansles débats coloniaux auxquels l’Allemagne était restée jusque-là indifférente.C’est à Berlin, dans la capitale du nouvel empire allemand , dont la marine mi-litaire est en formation, et dont le pavillon ne couvre encore aucune coloniesérieuse, que les plénipotentiaires aes puissances coloniales telles que l’Angle-terre, la France, la Hollande, le Portugal sont venus (en 1884) discuter leursprétentions respectives sur les terres du Congo , en présence du chancelier del’empire, choisi comme président du congrès. (Voy. nos lectures sur l’Afrique ,p. 775.)