532 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
écoles sont comme le lien qui réunit chacune entre elles et toutesà la mère patrie, toutes les sociétés, petites ou grandes, où l’onparle allemand . Depuis 1871, depuis la restauration de l’empireallemand , ces colonies, dispersées sur la surface du globe, semontrent aussi Hères de leur nationalité qu’elles l’étaient peuauparavant, et maintenant elles font de grands sacrifices pourentretenir chez elles la civilisation allemande. » (Jules Flammeii-uont 1 , l’Expansion de VAllemagne; Paris , in-12, 1885, p. 4.)
Les Allemands ont fondé à Vienne, en 1880, une société scolaire pours’opposer aux progrès des Tchèques et des autres nationalités non alle-mandes ; Berlin a organisé la sienne en 1881 ; deux ans après, elle com-prenait 17 comités et 10 000 membres. Il y a dans les provinces baltiqucsde la Russie 97 pour 100 d’écoles allemandes et 3 pour 100 d'écoles russes;l’université allemande de tlorpat compte près de 1500 étudiants, et lesgymnases, écoles réelles, écoles primaires de cette ville allemande de laRussie , sont fréquentés par 35 000 élèves. Il y a plus de 400 000 Allemandsdans la Pologne russe; les écoles allemandes de Saint-Pétersbourg, Moscou ,Varsovie sont florissantes. A llelsingfors, à Copenhague, à Stockholm , lescolonies allemandes croissent en nombre et en richesse, et leur influencey combat par tous les moyens l’influence de la France , dans lascience, la littérature, le commerce. En Hollande et en Belgique , les pro-grès de l’Allemand sont plus dangereux encore ; et le réveil de la littéra-ture flamande, encouragée par les sociétés de Berlin , tend au même but.Les Allemands sont plus de 2 millions en Suisse, les Français 600 000.« Les Suisses allemands ont les yeux tournés vers la grande Allemagne» qui a toutes leurs sympathies, et l’on a pu récemment fonder avec succès» à Zurich une association scolaire, qui transmet à l’association berlinoise» la plus grande partie de l’argent qu’elle recueille. » Londres a onzeécoles allemandes, Paris en a deux ; on en trouve à Marseille, Lisbonne ,Madrid, Barcelone, Gènes, Milan, Florence, Livourne, Rome, Naples, Bel-grade ; celle de Bucharcst compte 500 Allemands à côté de 152 Roumainset 12 Français ; celles de Constantinople, d’Athènes, de Smyrne, de Bey-routh, de Jérusalem, du Caire, d’Alexandrie essayent d’entamer le prestigeque le nom français a conservé dans l’Orient . Nous ne parlerons pas desécoles allemandes des Etats-Unis qui sont très riches et prospères : cellesdu Brésil suivent les progrès de l’emigration; mais dans les républiquessud-américaines, les colonies germaniques sont inférieures aux coloniesitalienne et française. L’Australie a déjà reçu 25 ou 30 000 colons d’Al-lemagne ; ils parlent la langue maternelle, ont leurs églises et leurs écolesspéciales. Leur nombre augmente d’année en année dans l’Extrême Orient ,en Chine et an Japon ; leur langue est maintenant enseignée dans laplupart des écoles publiques; ils s’efforcent de la substituer à la nôtre.
1. M. Flammermont, professeur à la Faculté des lettres do Lille , est Fauteurd’une excellente thèse sur le Chancelier Maupeou (Paris , 1881, in-8®, Picard), etd’une Histoire des institutions municipales de Senlis (Paris , Viewog, in-8®, 1880);ces doux ouvrages ont été couronnés par l'Institut. — M. Jos. Marchand, dansun très substantiel et très intéressant article du llnlletin de la Société de ÿdo*(jraphie de Marseille (I er trimestre 1SS7), a étudié cette grave question del’expansion do l'Allemagne sous toutes scs faces. - •