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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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I

550 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

justice et le service militaire, et rédigea pour son fils un traité de gouver-nement. — Un de ses successeurs, Ladislas le Saint (1071-1093), con-tinua l'œuvre législative, et sut se rendre indépendant du pape et de l'em-pereur; son neveu Koi.oman (1095-1114) que les excès des premiers croiséstraversant ses États avaient dégoûté de la croisade, améliora et adoucit leslois pénales et restreignit les duels judiciaires. Son plus grand acte fut laréunion à la Hongrie du royaume triunitaire de Slavonie, de Croatie etde Dalmatie ; on laissa à ces peuples d’origine slave leur autonomie poli-tique sous un vice-roi, le ban; ils gardèrent leur monnaie, leur arméenationale, leurs impôts. Le royaume hongrois se trouvait ainsi étendu jus-qu’aux Alpes Orientales et à la mer Adriatique . Les successeurs de Ivolo-man firent la guerre à la Russie et à Venise : l’un d'eux, Geiza II (1141-1161) accueillit dans le comitat de Zips des colons saxons, bûcherons etdéfricheurs qui fondèrent 24 villes au pied duTatra; Bêla III (1175-1196),épousa la princesse Marguerite, fille de Louis VII; son fils André II (1205-1235), frère de la pieuse Elisabeth de Hongrie , tenta en vain la cin-quième croisade et trouva, à son retour, l'autorité royale compromise ; ill’affaiblit ancore en acceptant la constitution de la Bulle d’Or (1222) quifut la grande charte de la Hongrie : le droit de résistance au souverain, encas de violation de la loi constitutionnelle, était inscrit dans la bulle. —Son fils Bêla IV (1235-1270) eut à tenir tète à la formidable invasion desMongols qui étaient de même race que les Magyars; la victoire resta auxTartares païens, et l’armée royale fut presque anéantie sur les bords duSajo (1240). I’esth et Gran furent prises, le roi Bêla s'enfuit en Croatie . LesCroates arrêtèrent l’invasion; le chef des Mongols, Batou, rentra en Asie ,laissant la Hongrie affreusement dévastée. Le duc Frédéric d’Autriche avaitvendu son appui aux Magyars en échange de trois comitats : débarrassé desMongols, Bêla voulut les reprendre : Frédéric fut vaincu et périt dans uncombat sur les bords de la Leitha (1246): la race des Babenberg s’éteignitavec lui ; la Bohème et la Hongrie se disputèrent son héritage qui fut par-tagé entre les belligérants. Mais bientôt apparut un nouveau personnagequi ranima cette rivalité et qui l’exploita. Rodolphe de Habsbourg , secondépar Ladislas IV le Cuman (1272-1290) détruisit l'armée bohémienne d'O-tokar II dans la plaine du Marchfeld ; la ruine de la Bohème laissait lechamp libre aux entreprises de l'Autriche contre la Hongrie elle-mêmedont la dynastie nationale arpadienne allait s’éteindre en 1301 avecAndré III le Vénitien.

Les Tchèques de Bohême. La dynastie des Premyslides ( 1086 - 1306 ). — La Bohème, enfermée dans le quadrilatère de mon-tagnes, eut de bonne heure son existence à part. Peuplée d'immigrantsslaves qui vinrent, dit-on, sous la conduite d'un chef nommé Tchekh(de là le nom de Tchéchie, Tchèques ), elle eut dès le huitième sièclesa capitale, Prague , bâtie au pied du Wisserad, sur la rive droite de laMoldau , en face du Hradczin; et sa dynastie nationale, fondée suivantla chronique, par le paysan Premysl , devenu l’époux d’une princessetchèque. La Bohème devint chrétienne au neuvième siècle sous liorivoj,mais elle n’échappa à l’anarchie et aux violences polonaises et allemandesqu’en 1086, lorsque l’empereur Henri IV accorda à Vratislav le titre deroi en récompense de ses services, et affranchit la Bohème du tribut qu’ellepayait à l'empire, Ce titre fut confirmé eh 1197 par Philippe de Souabe ,qui le rendit héréditaire en l'accordant à Premysl Otokar I er (1197-1230).Son successeur Vacslav ou Wiînceslas I er (1230-53), élevé en Allemagne ,favorisa les Allemands dans ses Etats ; sa cour, rendez-vous de chevaliers

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