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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AÜTRICIIE-HONGRIE . 849

en Galicie, en Moravie , les Tchèques. Les Slaves, envahisseurs pacifiquesdurent se défendre contre les invasions des féroces Avares, leur fournir dessoldats et payer tribut : le plus célèbre de leurs chefs, fut ce marchandSamo, dont parle ie chroniqueur Frédégaire , qui gouverna 35 ans avecbonheur toutes les tribus Wendes ou Slaves , vainquit les Huns dans maintscombats, et chassa les troupes de Dagobert , accourues à la frontière deBohême, à Wagaslibourg, pour venger le meurtre de négociants francs, massa-crés par les sujets de Samo. — Sous l’empereur lléraclius, vers 038, les ré-gions désertes de l’Adriatique et de la Save furent repeuplées par des colonscroates et serbes; ils y remplacèrent les Avares, cultivèrent le sol, élevèrentdu bétail, construisirent des enceintes fortifiées, et, malgré leur amour pourla pais, montrèrent qu’ils savaient à l’occasion faire la guerre. La Slavie était alors divisée en trois régions : Moravie et moyen Danube , Bohème,( Tchèques , Slovaques ), Carinthie et Carniole (Slovènes ). Déjà les mission-naires chrétiens de Germanie, envoyés par Charlemagne , étaient venus leurprêcher le christianisme; mais les vrais convertisseurs des Slaves furentles deux frères Constantin , en religion Cyrille et Méthode, envoyés deConstantinople . Ces deux apôtres dont le nom est si populaire chez les peu-ples slaves, créèrent pour la langue slave l'alphabet cyrillique, traduisirentl’évangile slave,,et fondèrent dans le pays un clergé national, malgré l’op-position des évè’ques allemands jaloux qui accusaient d'hérésie lés deuxnovateurs. Après leur mort, l’invasion soudaine des Magyars, jointe àl’hostilité des évêques allemands , amena la ruine de la liturgie slave; sesprêtres s’enfuirent eu Bulgarie ; l’Etat morave fut détruit, mais encore au-jourd’hui 6 millions de Slaves se servent de l’alphabet cyrillique, quelquepeu modifié. (V. Léger, Cyrille et Méthode; étude sur la conversion desSlaves au christianisme ; Paris , 1868, in-8, Franck.)

Le groupe Magyar . La dynastie arpadienne (894-1301).— Les tribus des Magyars, que les étrangers appellent Hongrois (Hun-gari, ’Ouypot), étaient nomades et vivaient de chasse et de pèche dans lesrégions de l’Oural, de la Caspienne et du Volga . Au neuvième siècle, ilsavaient confié le commandement supérieur à un jeune chef, Arpap, qui fondaune dynastie. Ils convoitaient les richesses de l’Occident quand le roi deGermanie et l’empereur de Constantinople les appelèrent, l’un contre lesSlaves, l’autre contre les Bulgares. Entrés en Europe , ils n’en sortirent plus.En 891 leur migration s’éleva à plus d’un million d’hommes.

Les Slaves furent écrasés, et la domination passa à ces Magyars qui por-tèrent de toutes parts leurs convoitises et leur passion guerrière. En Italie ils échouèrent devant les lagunes de Venise ; après la mort d’Arpad (907),ils battirent les Allemands à Presbourg, mais furent vaincus à Wels , et dansles deux batailles acharnées de Mersebourg (933) et â'Augsbourg (955).Ils cessèrent alors de courir les aventures et se replièrent sur la vallée duDanube ; l’empereur Otton II les contint. Entourés de Slaves, les Magyarsse mêlèrent à eux, adoucirent un peu leur rudesse à ce contact, et leurtype un peu sauvage se perfectionna par des croisements successifs. Leurroi Geiza (972-997), successeur d’Arpad, marié à une princesse polonaiseconvertie, autorisa la prédication de l’évangile dans le pays des Magyars; lefils de Geiza fut baptisé sous le nom d’Etienne, et épousa la fille du duc deBavière .

Etienne (997-1038) se fit lui-même convertisseur, et envoya au pape Syl-vestre II une ambassade en signe d'hommage; le pape lui renvoya unecouronne de roi. Etienne divisa le nouveau royaume en dix diocèses eten comitats, bâtit des églises, organisa les finances et les impôts, régla la