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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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f)32 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

la vallée du Rhin, que des historiographes courtisans font descendred'Hercule et des Troyens, des rois sicainbres et mérovingiens, sut par uneintervention habile dans les guerres et les négociations allemandes qui sui-virent la mort de Frédéric II , accroître ses domaines et ses partisans. Sonénergie et sa puissance limitée le désignèrent au choix des électeurs; iln'imita pas l’ambition chimérique des Hohenstaufen et se contenta d'agran-dir ses domaines et d’établir en Autriche les bases de sa puissance (127S;.Son fils Albert, plus ambitieux et moins prudent, eut un règne agité etsans résultats. Après qu’il eut été assassiné à Rheinfelden (1308) par sonneveu Jean de Souabe, la couronne royale fut écartée de la maison deHabsbourg et donnée à celle de Luxembourg-Ruhcme pour un siècle. Danscet intervalle, la masse territoriale des Habsbourg continua à s’étendre enSuisse et en Alsace; le Tyrol fut acquis eu 1363 par Rodolphe IV (1358-1365), qui rivalisa avec son beau-père Chxiu.es IV, empereur-roi de Bo-hême, par l’éclat de sa cour, les fondations ecclésiastiques, scientifiques etartistiques ; c’est lui qui jeta les fondements de la cathédrale de Saint-Etienne, qui institua et dota richement l’université de Vienne , rivale decelle de Prague. — Après lui, l'Autriche fut démembrée entre la brancheLéopoldine et la branche Albertine; Albeut ( 1404-1440) épousa Elisabethde Luxembourg, fille de l’empereur Sigismond, roi de Bohème et de Hon-grie (1422), qui lui apporta en dot la Moravie et l'expectative de plu-sieurs trônes. En 1437, son beau-père le proposa aux états de ces payscomme son successeur, et l’année suivante, à la mort de Sigismond , ilréunissait sur sa tète les trois couronnes. La dynastie des Habsbourgenfin rétablie sur le trône devait l’occuper sans interruption jusqu’à nosjours. C’est la branche Léopoldine qui recueillit en 1440, dans la per-sonne de Frédéric III , l’héritage de l’empire, après la mort de Ladislasle Posthume. Ce prince fut le père de Maximilien, l’aïeul de Charles-Quint et de Ferdinand d'Autriche. 11 fit de l’Autriche un archiduché, acquitla ville de Rieka (Fiume), et son heureuse médiocrité, qui était armée de pru-dence et de patience, prépara la grandeur incomparable de sa maison. C’estàluiquel'on doit le fameux monogramme des Habsbourg qui figurait sur savaisselle, sur les livres de sa bibliothèque, sur son tombeau, et dans lacathédrale de Saint-Etienne , A. E. I. 0. U*. Il laissait à son successeurMaximilien (1493-1512) l’Autriche, la Styrie, la Carinthie, la Carniole ,Goritz et Gradisca, l’Istrie, le Frioul, le Tyrol, le Vorarlberg; et, si la Suisse avait échappé aux Habsbourg , leur domination s’étendait sur l’Alsace et laSouabe . Sous Maximilien, prince généreux et enthousiaste, grand chasseuret chevalier accompli, ami des artistes et des littérateurs, fondateur d'écoles,réformateur de la justice, des finances et de l’armée, cette puissance futportée au comble par d’heureux mariages et des décès prématurés. L’em-pereur avait épousé Marie de Bourgogne (1477); leur fils, Philippe leBeau, hérita des Pays-Ras; Philippe , marié à Jeanne d’Aragon-Castille,légua toute la succession de Bourgogne et d’Espagne à son fils Ciiari.es-Quint (1500-1557), qui reçut à la mort de son aïeul Maximilien la cou-ronne impériale et le riche patrimoine des Habsbourg . Ce monarque tont-

1. On l'a Iraduit tour à tour par ces formules superbes : Aquila Electa JusteOmnia Vincit; — A us tr ire Est Imperare Orbi Univcrso; — Ailes Erdrcich Ist(Esterreick Unterthan (toute la terre est soumise à l’Autriche ), — ou encore :Aller Ehren Ist Œsterreich Volt (l’Autriche ost pleine de tout honneur). Les en-nemis do la maison d’Autriche t’ont plus tard interprété ainsi : Austria Erit InOrbe Ultima (l’Autriche deviendra la dernière puissance de l’univers).