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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AUTRICHE-HONGRIE . K53

puissant, champion de l'Eglise catholique , qui visait à la monarchie absolueet universelle, Vit se coaliser contre ses desseins les princes allemands ,convertis à la doctrine de Luther, et résolus à conserver leurs privilègesaristocratiques. La France les seconda, et les Turcs soutinrent de leursflottes les confédérés de Smalkalde. Charles-Quint , découragé, abdiqua; sonfils Philippe II recueillit l’héritage espagnol et ses annexes; son frère Fer-dinand 1 er (1558-1574), les provinces d’empire et la couronne impériale,auxquelles il joignit les deux couronnes de Bohème et de Hongrie .

La Bohème sous les dynasties étrangères. — Après l’assas-sinat du dernier des Prémyslides, la Bohême perdit ses souverains slaves.Le trône échut un instant il Rodolphe d'Autriche, puis à Jean de Luxem-bourg (ou Jean l’Aveugle) [1310-1346], fils de l'empereur Henri VII pro-clamé sous l'influence allemande, au grand mécontentement des sujetstchèques du royaume. « Le roi Jean fut toute sa vie un étranger dans le» pays qui l’avait adopté; passionné pour la guerre et les aventures, il fut» plutôt un chevalier errant qu’un roi ; la France et l’Allemagne se dispu-» tèrent tour à tour sa capricieuse fantaisie; il n’apprit qu’à contre-cœur» l’idiome tchèque et il considéra surtout la Bohème comme un capital qu'il» fallait savoir exploiter à propos. » On sait qu'il se lit tuer dans la mêléede Crécy en combattant avec Philippe de Valois contre Edouard III (1346).— Son fils et successeur, Charles IV (1346-1378), fut un détestable em-pereur d’Allemagne, mais nn excellent roi de Bohême . Justice, impôts,commerce, industrie, législation furent l’objet de sa vigilance éclairée ; ilfonda l'université de Prague (1348), la première de l’Europe centrale , laseconde de l’Europe après celle de Paris; il construisit à Prague des mo-numents, un pont, des châteaux qui font encore l'orgueil de cette capitale;il plaça le roi de Bohème parmi les sept électeurs de l’Empire, dans laconstitution de la Bulle d’or; il incorpora la Silésie et la Lusace auroyaume. — Sous son indigne successeur, Wenceslas IV, l’Ivrogne (1378-1419), commença l’agitation religieuse. L'illustre professeur de i’universitéde Prague , Jean Ihtss, expia à Constance, sur le bûcher, l'hérésie de sesdoctrines (1415) ; mais les Hussitcs, sous la conduite de Jean Ziska et deProcope le Grand ou le Base, le vengèrent dans une guerre effroyable,où les Tchèques, au nom de la foi et de la nationalité slave, .combattirenten même temps l'orthodoxie catholique et la domination allemande 1 . L’em-pereur-roi, Sigismond (1419-1437), dut accepter à lglau les conditions desutraquistes et signer les Compactata de la nation bohème qui stipulaientla liberté du culte et l'exclusion des étrangers des fonctions publiques.L’œuvre de germanisation du pays fut pour longtemps entravée.

La Bohème eut ensuite des rois tour à tour allemands, tchèques et polo-nais. La royauté nationale de Georges Podiébrad (1437-1471), élu par sescompatriotes, ramena d’abord un peu de calme; mais les papes Pie II etPaul II prêchèrent une nouvelle croisade contre les Ilussites ; Podiébrad vainquit le champion de l’Eglise, Mathias Corvin , mais mourut avant la linde la guerre (1471). Les états utraquistes élurent à sa place le jeuneLadisi.as Jagei.i.on, (ils du roi de Pologne , en même temps que les Ma-gyars lui décernaient la couronne de Hongrie .

1. L’histoire de Jean Huss et des Ilussites , si longtemps dénaturée par leschroniqueurs et les historiens religieusement et politiquement hostiles auxTchèques, a été pour la première fois en France mise en lumière dans le beaulivre de AI. Ernest Denis. (Paris , in-8°, 1879, Leroux.)