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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AUTRICHE-HONGRIE . 5H7

se montra animé d’intentions patriotiques et généreuses; mais ses réformeshâtives et brouillonnes, inspirées par les théories philosophiques et éco-nomiques du temps, soulevèrent contre lui de formidables résistances danstoutes les provinces ; au moment de sa mort, les Pays-Bas proclamèrentla république des Etats-Unis belges.— Le frère puiné de Joseph, Léopold 11(1190-1192), duc de Toscane , qui lui succéda, abolit les réformes et repritles traditions de sa mère. Il désarma les Hongrois par de larges conces-sions, et les Belges par des garanties libérales; il termina la guerre enga-gée par Joseph avec les Turcs, en signant la paix de Sistowa, qui rétablitle statu quo (1191). Il mourut au moment où la monarchie des Habsbourgallait jouer un des premiers rôles dans la coalition européenne formée contrela Révolution française (1192).

Les alliances politiques de Marie-Thérèse et de Louis XV , le mariage deMarie-Antoinette et de Louis XVI , les réformes de la Constituante quiatteignaient les princes d’Empire possédant des fiefs en Alsace , les craintesqu'inspirait le mouvement révolutionnaire, faisaient de François II (1192)le défenseur naturel de l’ancien régime et des Bourbons renversés. Lesbrillantes victoires de Dumouriez et de Jourdan, la triomphante campagnede Bonaparte en Italie, coûtèrent à l'Autriche , mal secondée par l’Angle-terre et abandonnée par la Prusse, les provinces belges , le Milanais et leMantouan; mais Bonaparte la dédommageait en lui livrant les dépouillesde Venise . (Paix de Campo-Formio, 1191.)

Les Habsbourg, empereurs d’Autriche (1804). — L’Autriche recommença la guerre en 1198, avec l’appui de l’Angleterre et de laRussie. Souvarof chassa les Français d’Italie , mais Masséna par la cam-pagne de Zurich, et Bonaparte par celle de Marengo, mirent fin à ladeuxième coalition; la paix de Lunéville (1801) coûtai l’Autriche le paysde Salzbourg , qu'elle cédait au grand-duc Ferdinand en compensation dela Toscane, et ses antiques possessions helvétiques; elle perdait un millionde sujets, et ne recevait que les évêchés de Trente et Brixen . L’empereurs’appliqua, pendant la paix, à ranimer l'agriculture et l’industrie, à cons-truire des routes, à centraliser l’administration, à réorganiser les finances;mais il évita avec soin d'introduire dans ses réformes les idées de laRévolution française . L’acte le plus important de son règne fut de réunirtous ses Etats sous le nom d’empire d’Autriche héréditaire (H août 1804),trois mois après la proclamation de Napoléon I er comme empereur desFrançais, sans cesser encore d’être empereur électif de l’Allemagne . Lacréation du royaume d’Italie et l’annexion à la France de la Républiqueligurienne, fournirent à l’Autriche, à l'Angleterre et à la Russie , le prétexted’une troisième coalition (1805); l’Autriche vaincue à Ulm et à Austerlitz,subit le traité de Presbourg qui lui .enlevait les territoires Vénitiens auprofit du royaume d’Italie le Tyrol, le Vorarlberg, Passau, Lindau , etc.,au profit de la Bavière; la Souabe, au profit du Wurtemberg; le Brisgau et POrtenau, au profit du grand-duc de Bade . La guerre lui avait coûté65 000 kilom. carr., 5 millions de sujets et 800 millions de francs. Celtecatastrophe eut deux conséquences : l’établissement de la Confédérationdu Rhin sous le protectorat de la France (voy. p. 421), et la renonciation deFrançois II à la dignité d’empereur d’Allemagne , qui n’était plus qu’untitre menteur. François II prit désormais le nom de François I er . Les forcesde l’Autriche étaient épuisées; elle resta neutre pendant la quatrième coa-lition; l’archiduc Charles, ministre de la guerre, s'appliqua energiquementà refaire son armée, à fortifier la frontière, à organiser une milice de ré-serve territoriale, tandis que le comte Stadion et Metternich préparaient