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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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558 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

diplomatiquement la revanche contre Napoléon. Les affaires d'Espagne , oùNapoléon avait vu pour la première fois sa gloire militaire entamée, ren-dirent quelque espoir à François I er ; un sentiment national se manifestadans les provinces : le Tyrol* n’attendait qu’un signal pour marcher contrela Bavière . La cinquième coalition signée avec l’Angleterre, qui fournitd’abondants subsides, fut signalée par de nouveaux revers ; l’Autriche isolée, succomba, malgré la résistance savante de l’archiduc Charles, àAspern, à Essling, à Wagram. Napoléon entra pour la seconde fois àVienne. Le traité de Vienne ou de Schœnbrünn (1809), enlevait encore àla monarchie 110 000 tilom. carr. et 3 500 000 habitants (Salzbourg , Car-niole, Villach, Trieste, Istrie, Croatie, Dalmatie, Galicie ) ; par son mariageavec l’archiduchesse Marie-Louise, Napoléon semblait faire de l’Autriche unEtat vassal.

La désastreuse campagne de Russie , suivie de l’insurrection nationaleallemande de 1813, changea les destinées de l’Europe. L’Autriche entradans la sixième coalition, et contribua pour une bonne part à la victoiredes alliés à Leipzig (1813). En 1814, dans la campagne ae France , ce futle feld-maréchal autrichien , prince de Schwarzenberg, qui porta le titreet exerça les fonctions de généralissime des armées de la coalition ; en1814 eflSlo, le congrès diplomatique devienne nomma, pour présider àses délibérations et diriger la réorganisation territoriale du continent, leprince de Metternich, ministre des affaires étrangères de l'empire. L’Au-triche recouvra ses provinces perdues, sauf les Pays-Bas, la Souabe , leBrisgau et les possessions des Grisons ; on lui rendit le Milanais, la Vé-nétie et l’illyrie. Elle sortait de ces 20 ans de guerre, plus peuplée etagrandie: au lieu des 24 millions d’habitants qu’elle comptait en 1792, sur640 000 kilom. car., elle avait, en 1815, une population de 28 millionsd'àmes répartie sur 668 000 kilom. carr. Si François I er avait refusé derétablir l’ancien empire d’Allemagne , il s’était attribué la présidence de lanouvelle Confédération germanique : en cette qualité, le tout-puissant mi-nistre de François I er et de son fils Ferdinand I er (1835-1848), qui dirigeapendant un demi-siècle les affaires extérieures de l’Autriche , exerça surtous les congrès européens , une influence décisive, sur les Etats mie sur-veillance permanente, et, comme on l’a dit, fit la police de .l’Europe . Lesaspirations libérales des peuples furent partout étouffées : en Pologne , enItalie, en Allemagne, en Espagne , la réaction resta pendant plus de 30 anstriomphante. En 1846, l’Autriche, au mépris des traités de Vienne de 1815,supprima, par l'annexion de Cracovie et de son territoire, le dernier vestigede la république polonaise .

Le réveil et les luttes des nationalités dans l’Empire. — Lesystème de M. de Metternich ne dura pas autant que lui. La révolutionfrançaise de 1848 eut son contre-coup en Autriche . Les vieilles haines deraces se réveillèrent; Allemands, Magyars, Slaves, Italiens , s’insurgèrentet rompirent brusquement le faisceau mal lié de l’Empire. L’armée sauvala dynastie des Habsbourg. Les insurrections de Prague et de Vienne furent réprimées à coups de canon par le prince de Windischgraetz ; lecongrès slave de Prague fut dispersé, la diète de Vienne transférée à Krem-sier en Moravie , puis dissoute, et la constitution octroyée le 5 mars 1849par François-Joseph , neveu et successeur de Ferdinand I er , qui avaitabdiqué en sa faveur le 2 décembre 1848, ne fut jamais appliquée. Le sou-lèvement de l’Italie autrichienne, malgré le concours du roi de Sardaigne ,Charles-Albert, fut réprimé par Radetzky , vainqueur des Piémontais àNovare (mars 1849) ; Daniel Manin, l’héroïque défenseur de Venise , dut