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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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560 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

autres races de l’Empire. Les Serbes, les Esclavons, les Croates , les Saxons,prirent les armes contre les Magyars, sous le commandement du ban Jella-cliich, qui était dévoué à la cause slave, mais fidèle à la dynastie desHabsbourg. La diète hongroise fut dissoute, mais elle refusa de se séparer,et alla siéger à Debreczin , en plein pays magyar; elle prononça la dé-chéance de la maison de Habsbourg , et proclama Louis Kossuth dictateur(avril 1849). Le tsar de Russie, Nicolas I er , effrayé par le mouvement ré-volutionnaire qui menaçait de se répandre en Pologne , offrit son concoursà l'Autriche; les Hongrois , écrasés entre deux armées, firent une résistancedésespérée. Kossuth se réfugia en Turquie; l’allemand Gœrgei, « quiavait embrassé la cause magyare plus par ambition que par patriotisme, »capitula à Vilagos. « La Hongrie est aux pieds de Votre Majesté, »écrivit Paskiévitch au tsar. L’Autriche n’honora pas sa victoire par laclémence. Louis Batthyany, le premier président du premier ministèrehongrois, fut fusillé à Pesth ; on pendit et l’on fusilla les généraux hongrois ,on condamna au carcere duro des milliers de patriotes et même desfemmes, et leurs biens furent confisqués. Les forteresses de Munkacs et duSpielberg se remplirent des insurgés magyars, comme elles s’étaient peu-plées, en 1821, des révoltés italiens, au temps de Maroncelli et de SilvioPellico. L’Autriche réclama à la Turquie l'extradition des réfugiés : le sultaneut la générosité de refuser : on dut se contenter de les pendre en effigie.De cette époque datent l'affection des Magyars pour les Ottomans et leurhaine pour les Russes .

Au lendemain de ces périls effroyables, la monarchie habsbourgeoise parutplus forte que jamais. Une période d’impitoyable réaction commença; et lesministres autrichiens travaillèrent avec un zèle aveugle à réunir en un grandcorps d’Etat tous les pays et toutes les races de la monarchie. Ce système decentralisation à outrance, accompli par une bureaucratie allemande toute dé-vouée frappa surtout la Hongrie et les Etats slaves, et trouva un appui dansle concordat de 1855 qui fit au catholicisme une place privilégiée et prépon-dérante dans l'empire. Au dehors, l’Autriche essaya de reprendre sa supré-matie sur l’Allemagne ; elle se croyait désormais sûre du succès, devant larésignation des races vaincues et dans la confiance que lui donnait unearmée formidable de 600 000 hommes ; elle força la Prusse à évacuer laHesse et humilia sa rivale dans les conférences cl’Olmütz (1850). Quand laguerre de Crimée éclata, l’Autriche n’osa pas soutenir la cause du tsarNicolas à qui elle devait tant; elle resta neutre, et, suivant le mot du pre-mier ministre, le prince de Schwarzenberg, « elle étonna le monde par soningratitude. » Mais dans le congrès de Paris, l’habile diplomate piémontais ,M. de Cavour, glissa la question italienne, sut intéresser Napoléon III à ladélivrance de la Lombardie et à l’unité de l’Italie , et l’alliance franco-pié-montaise, signée contre l’Autriche, aboutit en 1859 à la guerre d’Italie . Lesarmées de François-Joseph furent vaincues à Magenta et à Solférino (4 et24 juin 1859). Les armements de l’Allemagne , les intrigues de la Prusse,la crainte^ d’une révolution hongroise et d’une guerre européenne arrêtèrentles belligérants. Les préliminaires de Villafranca, ratifiés par le traité deZurich (.1859) ne firent pas, comme i’avait promis Napoléon, l’Italie « libredes Alpes jusqu’à l’Adriatique, » mais le Piémont y gagna la Lombardie ,moins Peschiera et Mautoue; l’adroit de Cavour, secondé par un puissantmouvement national, allait continuer l’œuvre de l'unité italienne. La Véné-tie était laissée à l’Autriche . La politique d’absolutisme et de centralisationavait abouti au démembrement; François-Joseph revint au régime constitu-tionnel, et convoqua à Vienne un conseil d'Empire composé des repré-