sentants de tous les Etats de la monarchie. Les Hongrois et les Italiens refusèrent d’envoyer des députés au Reichsrath, et tandis que l’on né-gociait sans réussir à s’entendre, une guerre nouvelle éclatait entre laPrusse et l’Autriche au sujet de la prééminence en Allemagne . La campagnefaite en commun par les deux puissances contre le Danemark (1864) avaitranimé entre elles les défiances et les jalousies (voy. p. 244); la Prusse sepréparait de longue main à la lutte, une alliance offensive et défensive laliait à l’Italie ; les deux nations liguées commencèrent la guerre avant de l'avoirdéclarée. L’Italie fut deux fois vaincue, sur terre à Custozza (24 juin),sur mer à Lissa (20 juillet); mais dans l’intervalle l’unique et décisivebataille de Sadowa (3 juillet) fit poser les armes à l’Autriche surprise etisolée en Europe . Les prélimi nairesdeNikolsbourg, complétés par les traitésde Prague et de Vienne (août-octobre 1866), enlevèrent à l’Autriche les for-teresses du quadrilatère lombard-vénitien, et la Vénétie, cédées à Na-poléon III qui les remit au roi d’Italie, Victor-Emmanuel; à la Prusse, l’Au-triche ne céda aucun territoire, mais elle dut renoncer à tous ses droitssur le Schleswig et le Holstein, et laisser l’Allemagne subir une réorganisa-tion fédérative nouvelle dont elle serait exclue.
Au lendemain de ces négociations désastreuses, qui marquaient ladéchéance de l’empire en Allemagne , et lui faisaient perdre de nouveau25000 kilom. car. et deux millions et demi de sujets, l’Autriche , gouvernéepar un habile diplomate saxon, M. de Beust, se réconcilia avec la Hongrie en lui rendant sa constitution, avec un ministère distinct, et en faisant cou-ronner François-Joseph roi de Hongrie dans la capitale du nouveau royaume,à Bnda-Pestn (1867). Le système du dualisme ainsi inauguré, et fortifié pardes concessions réciproques et des réformes libérales, satisfit les Magyarset les Allemands de l’empire ; mais les Slaves et en particulier les Tchèqueset les Polonais protestèrent contre un régime qui les sacrifiait. Un essai defédération,tenté parle ministère Hohenwart en 1871, échoua. Ces tiraille-ments et ces dissidences ne sont p<is faits pour faciliter la tâche du gouverne-ment qui a la mission de maintenir l’équilibre politique entre les nationalitésallemande, magyare , slave qui composent cette mosaïque bigarrée, cettetour de Babel , appelée l’Etat autrichien. C’est à lui qu’on pourrait appli-quer le terme d 'expression géographique, donné en 1815 par M. de Met-ternich à la péninsule italienne. La monarchie ou « polyarcliie polyglotte »de l’Autriche , suivant le mot de M. Léger, a passé successivement par troisphases politiques : le centralisme, groupant les royaumes, les nationalitéset les langues sous un gouvernement unique, absolu ou parlementaire, sié-geant à Vienne; le dualisme, laissant à la Hongrie sa constitution spéciale etréunissant les autres Etats entre l’A driatique et les frontières russes sous uneunité artificielle ; enfin le fédéralisme, s’efforçant de satisfaire à la fois lesaspirations nationales et les traditions historiques des différentes nationa-lités de l’Etat autrichien. L’avenir apprendra si cette œuvre de pondérationet d’assemblage à laquelle tant d'hommes d'Etat ont applique leurs pa-tientes et ingénieuses combinaisons, n’est pas un problème insoluble.
Constitution. — La Constitution dualiste votée en 1867 pour dixans, et prorogée depuis cette époque, divise l’Autriche-Hongrie en deuxEtats distincts, jouissant de droits égaux : la Cisleithanie et la Trans-leilhanie. Ces noms viennent de la rivière Leitha qui, sur la droite duDanube, coule entre le haut pays alpestre et la plaine hongroise , et sépareplus ou moins l’élément allemand de l’élément magyar ; à gauche duDanube , la Morawa ou Mardi et les Karpathes du Nord servent de