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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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580 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

» séparée des voisins par la langue, les mœurs, les droits particuliers. »

(E. de Laveleye, Revue des Deux Mondes , août 1868.)

Les différentes races qui sont juxtaposées, mais non fondues, dans lamonarchie, se décomnosent à peu près ainsi :

1° Slaves (18 300 000), ainsi divisés : A. Slaves du Nord formanttrois groupes distincts: 1° Tchèques revendiquant leur autonomie politiquecomme anciens sujets de la couronne de saint Wenceslas ; Moraves etSlovaques, en tout T millions ; 2° Polonais (2 600 000), hostiles à laRussie , et par suite peu favorables à leurs frères de race; 3° Ruthènes(3 200 000), très attachés à la Russie . — B. Slaves du Sud ou You-go-Slaves (S 500 000), plus unis entre eux : 1» Serbes (1 600 000) etCroates (1 500 000), ayant la même langue et les mêmes aspirations, dontle nombre s’est sensiblement renforcé par l'annexion récente des Serbes etdes Croates de l’Herzégovine (1 110 000), qui, malheureusement, pour un jtiers pratiquent l’islamisme, et s’entendent mal avec leurs frères catho- iliques et orthodoxes; Slovènes (1 300 000), ralliés aux premiers, et s’ef- !forçant avec eux de reconstituer dans l’empire un état triunitaire (Dalmatie ,Croatie, Slavonie). 2° Allemands , 9200000; — 3° Magyars, 6000 000;

— 4° Roumains, 3 000 000 ; — Italiens et Ladins , 700 000 ; — Juifs,

1400 000 ; Bulgares, Tziganes, d’origine indoue, accueillis dans lessiècles antérieurs et tolérés en Hongrie et Transylvanie pour leur talentmusical; Albanais, Arméniens, Grecs (300 000), Jazyges, Kou-mans, Heidukes, Paloczes de race tartare ou de souche turque, fondusdans la race magyare , Szeklers ou Sicules des vallées de l’Aluta et duMaros, de race magyare , descendants des Huns d’Attila (625000). Les deuxraces dirigeantes dans le dualisme austro-hongrois sont les Allemands etles Magyars, bien qu’inférieurs en nombre aux Slaves. Les Allemands ontentre leurs mains presque tout le commerce et l’industrie ; les Magyarsprofessent une vive sympathie pour les Turcs ; les Serbes et les Tchèques j

haïssent les Allemands, et la Bohême est le théâtre de leurs conflits tou- (

jours renaissants, ils sont en même temps les amis ardents des Russes ; I

quant aux Allemands d’Autriche-Hongrie, ils se rattachent par la langue. :

les liens d’origine, les sympathies tenaces et les espérances à leurs frèresdu grand empire du nord.