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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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598 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

tous genres, tant la foule des visiteurs est grande. Paniers, vic-torias, calèches, coupés, tout y est, même l’antique berlinejaune accompagnée du postillon botté, à la veste bleue, le coren sautoir, le chef couvert d’un chapeau de cuir orné d’uneenorme plaque aux armes d’Autriche . Des batelières en costumenational vous invitent à naviguer sur les eaux vertes du lac-roi.Nous nous confions à la solidité de leurs poignets et nous pre-nons place sous la tente de leurs barques. Les montagnes quiencadrent le lac Kœnigssee sont si escarpées à droite que les bû-cherons et les chamois seuls peuvent gravir leurs flancs abrupts.A gauche, elles semblent plus abordables, et le roi de Bavière y chasse pendant l’hiver. Ce prince veille avec un soin jaloux àce que rien n’altère le caractère sauvage de son lac, et il a refuséà une compagnie anglaise la permission d’y établir un servicede bateaux à vapeur. Aussi l’illusion est-elle complète quand ona perdu de vue les rives habitées et qu’on vogue paisiblementsur les eaux transparentes, entre deux rangs de hautes mon-tagnes qui entretiennent une perpétuelle fraîcheur. »

(A. Joubf.iit.)

Les mines de sel de üallein (Salzliourg).

Lies minescleWiellcz.ua (Ualieie).

Hallein est «ne petite ville de 3800 habitants, située sur la rive gauchede la Salzach , au pied du mont Dürrenberg, près de la frontière bava-roise. Les traités de 1815, pour ne pas priver le roi Louis de ses plusbelles chasses, lui ont laisse la vallée de l’Achen et le bassin du beau lacKônigssee , qui pénètre comme une enclave dans la province salzbourgeoise.Le Dürrenberg est partagé entre les deux Etats, et les dépôts saüfères for-ment l’industrie principale des populations des deux versants. Les procédésqui sont en usage pour l’exploitation des mines de sel sont à peu près lesmêmes partout; la descente dans les galeries vaut la peine d'être décrite :

« Nous payâmes la cotisation fixéo par un tarif, puis on nousapporta un costume propre à la circonstance. Alors commençala plus bouffonne mascarade. Imaginez une culotte et une veste decalicot blanc comme celle des apprentis pâtissiers; sur les reins,une pièce de cuir, comme en ont les ramoneurs; sur la tète, uninforme bonnet de feutre noir ; à la main gauche, un épais gan-telet de cuir, à la main droite, une chandelle allumée. Ainsiéquipés, sans trop savoir pourquoi, nous nous enfonçâmes dansune galerie voûtée, par une petite porte de bois blanc. Voilàpour un enfer une entrée peu infernale. Nos guides allaient