desséché par l'évaporation, et de nouveau rempli par les inondations desfleuves qui l'entourent, et par le reflux des eaux issues des marais et desprairies du Hansag. Sa superficie varie donc suivant le degré de séche-resse ou d’humidite, suivant la hauteur des crues du Danube àont le niveauest à 15 mètres au-dessus du lac Neusiedl . Le dessécher serait une opéra-tion coûteuse et peu productive ; le fond de ce lac contient beaucoup desoude, et l’agriculture ne serait mise en possession que de terres infé-condes, tout en perdant l’humidité fournie par le lac et indispensable auxterres environnantes. Le lac de Neusiedl ne baigne qu’une ville, Rusth,célèbre par l'excellence de ses vins. Près de Rusth, dans les carrières deSainte-Marguerite, on extrait une pierre calcaire tendre qui sert à construireles maisons de Vienne . — Au sud du lac se trouvent la terre et un deschâteaux de l’antique et puissante famille des Esterhazy : le château actuelfut bâti vers 1760 sur le modèle de Versailles ; le prince Esterhazy y don-nait des fêtes à l’impératrice Marie-Thérèse; Haydn était son maitre dechapelle et composait pour lui ses symphonies. Le château n'est plus ha-bité ; « les pavillons du parc tombent en ruine, les chàlets sont renversés,
» les étangs comblés, les ruisseaux débordés, les plates-bandes envahies» par les mauvaises herbes, les arbres rares étouffés sous les ronces. On a» dépouillé le château de ses trésors artistiques pour orner d’autres habi-» tâtions delà famille, mais on n’a pu enlever les fresques des murailles, les» dorures des lambris, les marbres des pavés; et, par ce qu’on voit encore,
» on peut juger des magnilicences de ce que l’on ne voit pas. Esterhazy a jeté» pendant un siècle un éclat de splendeur royale. Il pouvait recevoir près» de 400 hôtes à la fois. Haydn dirigeait ses concerts; une troupe ita-» lienne desservait son théâtre, les empereurs et les reines assistaient à ses» fêtes, les plus grands noms retentissaient, les plus illustres beautés» rayonnaient dans ces vastes salons, dont les grenadiers d’Esterhazy gar-» datent la porte d'or. » (L. Enault).
Dans ce château délaissé,on montre au visiteur des écuriesoù l'on entre-tient encore une centaine de chevaux, un chenil où toutes les espèces dechiens célèbres sont représentées. « Le chenil d'Esterhazy , ajoute M. Enault,est comme un petit château à côté du grand : les lices destinées à la repré-sentation de chaque race ont leurs appartements particuliers ; il y a, commedans les pensionnats bien tenus, deux ou trois cours pour la promenade, etla récréation des grands, des petits et des moyens. Une cuisine spéciale estattachée à l'établissement, qui reçoit, chaque semaine, la visite du docteur,ou tout au moins de l'oflicier de santé. » La famille des Esterhazy habitede préférence le château d’Eisenstadt situé à l’ouest du lac Neusiedl , aupica du mont Lactha ; il est ouvert aux visiteurs, renferme un musée magni-fique, une bibliothèque musicale inestimable, des serres qui contiennent70000 espèces de plantes exotiques, un parc planté d’arbres séculaires quienglobe une partie de la montagne. — Un autre château, près de Matters-dorf, celui de Forchtenstein, sur la frontière de l’Autriche et de la Hongrie ,sert de prison aux paysans des domaines du prince, qui a gardé sur sesterres le droit de justice. Forchtenstein est un véritable arsenal; on yconserve des armures noires, des armes anciennes, allemandes, turques,trente pièces d’artillerie, tous les drapeaux pris à l’ennemi par les bataillonsd'Esterhazy , toutes les bannières sous lesquelles ils ont combattu. Là aussisont conservés dans le trésor de famille les joyaux et les bijoux quiforment un trésor incomparable, que chaque nouveau prince, en deve-nant chef de la maison et des armes, était tenu d’enrichir, et qui ne devaitêtre aliéné que pour payer la rançon du prince captif des Turcs. La mai-
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