612 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
son d'Esterhazy possède une étendue de territoire plus grande que cer-tains Etats; on y compte cent trente villages, quarante villes et trente-quatre châteaux 1 .
» Si la rive occidentaie du FertO Ta va est montagneuse etriche, son bord oriental présente un tout autre caractère. A mesureque Ton s’en approche, on voit l’eau troublée s’épaissir ; bientôtle batelet s’engage avec précaution entre des bancs de sable etdes îles de vase, bientôt ces bancs et ces îles se rapprochent, puisle sable et la vase se confondent; déjà ce n’est plus un lac, c’estune vaste plaine de boue liquide qui va, de proche en proche,s’étendant du lac jusqu’au Danube. Les Hongrois l’appellentHa,7isag. On comprend que dans cette vaste étendue, l’eau, lesable et la vase doivent se combiner de différentes façons. Tantôtc’est l’eau qui domine, et alors on a des courants, des ruisseaux,des rivières, et même des étangs et de petits lacs ; parfois il y acomme des îles de sable, recouvertes d’un humus végétal;parfois aussi, sur des atterrissements mieux consolidés, les arbresont poussé : une forêt s’élance du sein des eaux.
» Dans les endroits plus particulièrement marécageux, voicice que Ton peut observer; c’est d’abord, à la surface, un lit demousse et de plantes aquatiques, épais de 5 ou 6 pieds. Au-dessous, une couche de tuf, étendue sur un fond solide d’argile,recouvrant des graviers ou des pierres, comme on en rencontreau fond du FertO Tava . Avec les pluies du printemps, le maraisdevient de plus en plus liquide, les végétations se soulèvent etflottent à la surface des eaux; parfois aussi des racines plusvigoureuses les enchaînent à leur couche d’argile, on n’aperçoitque l’eau partout, mais, si Ton revient le lendemain, déjà peut-être les courants souterrains auront détaché la plante voyageuse,et Ton n’apercevra plus qu’une sorte de prairie flottante. »
Le HansagouIIanysag appartient presque en entier au prince Esterhazv et aucomte d’Altenbourg . Ces deux grands propriétaires ont, depuis soixante ans,
1. Les magnats forment en Hongrie l’aristocratie princière; on peut, pourl’immensité des fortunes, les comparer aux pairs d’Angleterre. On en compte150 environ; le sixième de la Hongrie appartient à dix d’entre eux. Les rives dulac Balaton, comme les environs du lac Neusiedl , sont émaillées de jolis villages,de villas de plaisance et de châteaux princiers qui leur appartiennent. Le comteFestetics possède tout le bourg de Keszthely , paye au fisc 100000 francs d’impôts,a 80 fermes, des hara9, des vignobles très vastes, des hôtels, un théâtre, un éta-blissement de bains ; le chemin de fer met deux heures à traverser ses terres. Lapropriété de la famille Zina, dans le comitat de Simongad embrasse 10350 hec-tares dirigés par 6 ispans ou intendants, employant 600 ouvriers, 200 bergers quigardent 150000 moutons, et 80 porchers qui gardent 5000 porcs. (Voy. Tissot,■la Hongrie inconnue , xi, xiu.