G26 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
crement du resie, des peaux d’ours, de loups et. de renards; desselliers-harnacheurs, des fabricants de filigranes d’or ou d’argentqui rappellent par leurs formes le style de Byzance ; des menui-siers, ouvriers hongrois, depuis longtemps installés à Serajewo;des couteliers qui vendent des poignards ou d’excellents coutelasdont quelques-uns, niellés d’or ou d’argent et rehaussés depierres fines, sont de véritables objets d’art et justifient la répu-tation des ouvriers damasquineurs : on assure, en effet, que,lors de la conquête du quinzième siècle, les sultans appelèrentde Damas des artisans en métaux et que les vraies traditions decette célèbre fabrication se sont conservées dans la Damas dunord, comme on appelle encore Serajewo...
» A côté des couteliers, on peut également citer les armuriers,dont l’habileté ne le cède en rien à celle des couteliers, et lesorfèvres qui font des services à café en argent et en cuivre, danslesquels on retrouve de belles lignes et des formes élégantes. Cesont ces orfèvres qui vendent les amulettes ou talismans dontles Slaves du sud sont si friands. Les plus recherchés pour lesmerveilleuses propriétés qu’on leur attribue, — en particuliercontre les maladies de la peau, — sont les cornalines et lesjaspes rouges, que l’on trouve en assez grande quantité danscertaines vallées de la contrée, et que les mendiants vagabondsviennent vendre à l’état brut sur les ponts de Serajewo. On gravesur ces pierres des étoiles, des monogrammes cabalistiques oule nom arabe du propriétaire, et on les porte en bague, encollier, en bracelet ou attachées aux vêtements. Le cachet-talisman se distingue du cachet ordinaire en ce que l’inscriptionn’y est pas rétrograde. On rencontre souvent parmi ces amulettesdes bijoux antiques, découverts dans le pays ou apportés dudehors. Quand un Turc brise son talisman, il tombe dans laconsternation et s’attend à quelque grand malheur que souventalors lui attire son fatalisme intelligent. Mais il ne faut pas croireque les musulmans seuls aient conservé cette superstition. Leschrétiens des deux rites y sont aussi fidèles, et peut-être vient-elleaux uns et aux autres des vieilles traditions gnostiques des mani-chéens et des bogomiles ou patarins. Quoi qu’il en soit, les chré-tiens portent non seulement des croix avec des inscriptions envieux caractères cyrilliques, mais encore des versets pieuxécrits sur des rouleaux de papier pendus au cou, dans des sachetsde cuir, cousus dans la robe ou attachés à la partie supérieuredes bras ; les musulmans portent de même des stances du Coran ;