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mande avec douceur, règne avec mansuétude et bonté, et il a laraison évidente de la possession. Les Slaves, eux, ont la raisondu nombre, et ils enserrent de tous côtés la population...
» La ville se lève assez tard et l’approvisionnement amènedans les rues une population variée et bigarrée d’aspect. Lespaysans du Carst viennent avec leurs chariots à bœufs gris, àroues pleines, et campent dans la rue-, les femmes de Servola,coiffées de la blanche pestcha , vêtues de la dalmatique noiretaillée en carré et d’où s’échappe la large manche d’une imma-culée blancheur, chaussées de Vopanke classique, conduisent parles rues les troupeaux de dindons gris tachetés de noir, à têterose d’un très joli ton. Les marchés sont charmants ; les paysannesslaves du territoire de Trieste y viennent en foule sur leurs petitsânes, vendre du pain de pur froment qu’elles cuisent pour laville, ou les verdures qu’elles cultivent, et les fleurs qu'ellesnouent avec goût en petits bouquets charmants où domine lelupin, ornés au cœur d’un souci jaune ou d’une fleur de l’arbou-sier. La pestcha blanche tranche vivement sur le teint olivâtre,et la propreté de l’aspect est tout à fait séduisante... Les Cicienfin, étranges d’allure, conduisent par les rues leurs longuescharrettes basses, attelées de chevaux harnachés de cuivre et àlongues lanières découpées'... Les Cici ont le front bas et plat,les yeux noirs et extrêmement brillants, les joues saillantes avecles pommettes très accusées; les femmes ont presque toutes lenez pointu et retroussé, avec la face plate et ronde. La femme,quel que soit son âge, est soumise à une complète abjection,elle est le souffre-douleur, le serviteur résigné, le portefaix,l’animal domestique, et rien dans son costume ne trahit son sexe.Elle est très vigoureuse et habituée de bonne heure à sa rudecondition. Elle porte un jupon court jusqu’aux genoux, des basde grosse laine, et l’opanke relié souvent au mollet par des cor-dons de paille, comme les scaligæ antiques. Elle se couvre d’unoveste longue à capuchon, ouverte devant comme celle d’unhomme, liée par une forte lanière autour de sa taille massive, etmunie de larges boutons en métal. Sa tète est couverte jusqu’auxoreilles d’un fichu lié au-dessous du menton.
1. Les Cici (prononcez Tchitchi) occupent, au nord de l’Istrie , la partie com-prise entre Pinguente, Planik, Mune et Slaunik, commençant à une lieu de Cas-tel Nuovo . Les Cici sont d’origine roumaine ou valaque; ils se distinguent duSlave silencieux et réservé par leur loquacité et leur exubérance. Ils sont aunombre do quelques mille; ils sont catholiques.