excellents, carpes, tanches, anguilles, scorenze, mugil, truites quipèsent jusqu’à 75 livres; — séchés et fumés, ils sont expédiés en quantitéconsidérable vers la Dalmatie et l'Italie 1 . — Industrie . Sauf l’industrieagricole, elle est nulle. « Chaque famille fait ses propres récoltes, bâtit sa» maison, confectionne sa charpente, moud son seigle et son maïs, fait son» pain, tisse ses couvertures, confectionne ses vêtements. Et puis, les» quatre murailles nues de l’habitation ne réclament ni les recherches de» l’ébénisterie, ni le luxe des tapissiers; souvent même le lit de repos» n’est que le sol échauffé autour de l’àtre fumeux. » (Fuilley etWi.AHOvm.) — Commerce. Les Monténégrins achètent aux négociants deTrieste ou de Cattaro de l’eau-de-vie détestable dont ils font un trop fré-quent usage, de la poudre, des armes, des outils, des planches, des coton-nades et draps nécessaires pour le complément d’un vêtement dispendieux,seul luxe de l’habitant de la Forèt-Noire. L 'exportation annuelle peut êtreévaluée à 3S00 000 francs environ (Gotha dit 2 millions de florins). —Il y a un service de postes et de bureaux. La longueur des lignes télégra-phiques est de 444 kilomètres. Il n’y a qu’une route carrossable, de Cattaro à Cettigne .
2° EXTRAITS ET ANALYSES
»e Cattaro à Tsetlinié? la capitale«lu Monténégro .
« Un chemin fort bien tracé côtoie la rive nord des Bouchesde Cattaro, et va rejoindre à. Castel Nuovo la route construitepar Marmont entre cette ville et Raguse . C’est une ressource
1. « Ce sont surtout les tribus riveraines de la Rieka et du lac de Scutari qui» trouvent une véritable source de richesse dans la capture, renouvelée périodi-» quement à certains mois de l’année, d’un petit poisson du genre des mulets,» gros comme une forte sardine, que l’on appelle en serbe oukliéva, et en italien » scoranza (scorenze). Aux approches de l’hiver, les oukliévas descendent vers» le lac de Scutari en masses si compactes, que la surface de l’eau se teint sur» leur passage d’une couleur particulière. Dans le lac, ces poissons habitent sur-» tout les endroits appelés okas, tourbillons circulaires formés par des sources» oui jaillissent du fond du lac, et dont la température, plus chaude que celle» aes eaux supérieures, attire les oukliévas; on les y trouve parfois en telle» quantité, qu'une rame enfoncée au milieu d’un de ces bancs de poissons reste» aebout. Les tribus des bords du lac ont la propriété des okos , où dans l'hiver» il leur suffit de jeter le filet pour le retirer aussitôt tout rempli d’oukliévas;» les riverains de la Riéka pêchent le môme poisson au moyen de filets et do» nasses, lors du passage d’automne. Les plus gros sont immédiatement salés et» envoyés en Dalmatie , où on les mange en guise de sardines. Les plus petits» sont remis à l'eau et parqués avec des claies dans les parties les plus basses« et les plus herbeuses du lac. C'est ainsi qu’on les engraisse, en faisant rapidc-* ment grossir leurs ovaires, avec lesquels on compose une poutargue qui riva-» lise presque de réputation avec celles de Prévésa et de Missolonghi . » (F. Le-normant, Id.y ix.) *— (Voy. aussi le récit de la pêche du scoranza dans l’ouvragede MM. Frilley et Wlahovitj, p. 279 et suiv.)