657
« L’empereur César, fils du divin Nerva, Nerva Trajan Au-» guste Germanicus, grand pontife, tribun pour la quatrième» fois, père delà patrie, consul pour la quatrième fois, a dompté» la montagne et le fleuve, et ouvert cette voie. »
» La Table de Trajan est malheureusement sans cesse en-dommagée par la fumée des feux que les pêcheurs allumentsous le rocher qui la surplombe. Le gouvernement serbe, quipossède ce rare monument, a jusqu’ici négligé de prendre lesmesures nécessaires pour assurer sa conservation. Il serait àsouhaiter qu’un grillage fût établi devant lui pour le mettre àl’abri des atteintes des curieux ou des ignorants...
» ... Orsova est la tète de ligne d’un chemin de fer qui metle Danube en communication avec Temesvar, Buda -Pesth-Vienne, d’une part, Bucharest, de l’autre. C’est à Orsova quedescendent les voyageurs qui vont chercher le repos et la santéaux eaux sulfureuses de Mehadia. Les bains d’Hercule , déjàconnus des Romains, régulièrement exploités sous la dominationottomane , sont encore fort à la mode aujourd’hui, surtout parmiles habitants des Etats danubiens.
» Un peu au-dessous d’Orsova commence la frontière rou-maine. Le fleuve, étranglé par les contreforts des Carpathes ,décrit ici ses méandres les plus capricieux. Il se dirige tour àtour vers le nord, puis vers le sud-est, puis brusquement àl’ouest, et se replie sur lui-même comme un serpent. Un canalqui couperait la côte serbe de Dolni Milanovatz à Brza Palankaabrégerait le trajet des trois quarts. Le voyageur y gagnerait encélérité et perdrait peu en pittoresque. La Porte de fer infé-rieure (Dolni Demir Kapou) est plus périlleuse que la précé-dente, mais moins grandiose d’aspect. Le fleuve n’est plus en-caissé entre des rives abruptes. Il coule sur un lit de récifs etacquiert une rapidité redoutable. Les hautes eaux nous dérobentla vue de la plupart des rochers, bien connus d’ailleurs despilotes et des capitaines. Nous glissons, sans avoir consciencedu péril, au milieu de ces obstacles dissimulés. Nous entrons,sans secousse et sans émotion, dans les régions sereines où leDanube déroule ses eaux jaunâtres entre les basses plaines de laValachie et les côtes ondulées de la Serbie . Parfois un villagede pêcheurs égaye la solitude du paysage par la couleur vivede ses toits rouges. Sur la rive valaque, la voie ferrée d’Orsova à Turn Severin atteste seule la présence de l’homme. C’est dansces régions qu’avait été construit le fameux pont reproduit sur