672 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
insuffisant. En outre, les ressources presque nulles de la contréeobligent le pêcheur à construire, à réparer lui-même la plupartdes engins de son industrie, depuis sa barque grossièrementfaçonnée jusqu’à ses filets. Il n’y a guère que les instrumentsde fer qui ne sortent pas des mains industrieuses de ces pauvresgens. Encore, à quelques exceptions près, sont-ce les Tziganesqui se chargent seuls de forger et de façonner tout ce qui est enmétal.
» L’aspect de Wilcov n’est pas souriant; à peine les eauxjaunes du Danube viennent rompre tristement la monotonie deces immenses marécages déserts où les oiseaux d’eau songentseuls à faire la concurrence aux pêcheurs. Un naturaliste éprou-verait du plaisir à étudier les diverses espèces qui peuplent cesparages, depuis les petits plongeurs jusqu’aux hérons à aigretteet aux grands cormorans. Ces oiseaux se laissent approcherd’assez près et sont les faciles victimes des rares chasseurs quis’aventurent à leur poursuite. »
De Kédrile, à l'embouchure de Saint - Georges jusqu'à Wilcov, sur leIviiia, on pèche les mêmes espèces de poissons, l’esturgeon, la carpe, lesmaquereaux. A Saint-Georges on prend en moyenne chaque année 475000kilogrammes d’esturgeons dont 50 000 sont vendus frais et le reste salé.Les autres poissons figurent ponr 223000 kilogrammes; la production ducaviar varie entre 6000 et 7 000. A Wilcov les quantités sont plus fortes.
« Le sterlet ou petit esturgeon se distingue par une chairlégère et savoureuse : ses arêtes, en quelque sorte gélatineuses,constituent elles-mêmes un manger très délicat; il n’atteintpas une longueur de 75 centimètres, et l’esturgeon proprementdit peut mesurer jusqu’à 5 mètres de long et pèse de 1 200 à1 500 kilogrammes. Il est spécialement cantonné dans les eauxde la mer Noire, d’où il remonte dans le Don et dans le Danube .Ce dernier poisson, dont la chair se rapproche de celle du veau,a également une carcasse gélatineuse dont les Italiens sont trèsfriands: cette carcasse, préparée d’une façon spéciale, est connuedans la péninsule sous le nom de chinolia et spinachia.
» On sait que le caviar est composé des œufs de la femelle dece grand animal aquatique, qui en porte jusqu’à cent kilo-grammes. Ce mets sera certainement bien recherché en France ,si on parvient à les transporter frais ; malheureusement il revientà 7 ou 8 francs le kilogramme et ne saurait servir d’aliment auconsommateur pauvre.
» Dans l’organisation des pêcheries, on distingue les simples