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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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084 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

Méditerranée et l’Archipel : les vastes territoires asiatiques sont divisés en14 elayets, subdivisés en livas; le royaume d’Imérelhie est tributaire.Tel était l’état de l’empire en 1666, à l'epoque du traité de Vasvar , signéaprès la bataille de Saint-Gotbard.

La victoire de Vienne (1683), remportée par Sobieski et le duc de Lor-raine sur les troupes ottomanes, fut suivie de revers que la révolte desjanissaires aggrava. Malgré les mesures énergiques du 3 e des Kupruli, quioccupa le poste de grand vizir sous Soliman II (1687-1691), Aciimet IIet Moustapha II (1691-1703), la déroute des Turcs à Salankamen (1691)força la Porte à signer le traité de Carlowitz qui lui enleva la Hongrie orientale, la Transylvanie, l’Esclavonie au profit de l’Autriche ; Ivaminieck,la Podolie et l'Ukraine restituées à la Pologne; la Morée, les îles d’Egine et Sainte-Maure, six forts de la Dalmatie et Ragnse rendus à Venise ;Azov, cédé à la Russie , qui rendra ce port en 1711 (traité de Ealksen),après la campagne du Pruth , sous le règne d’AciiMÈT III (1703-1730).

Le démembrement continua à la paix de Passarowitz (1718), apres lesvictoires du prince Eugène à Peterwardein et à Belgrade ; la Turquie cédaà l’Autriche Belgrade et le Banat, une partie de la Serbie et de la Valachie ,pertes que la restitution de la Morée par Venise ne compensait pas. — Déjàl'empire ottoman ne pouvait pins se garder tout seul, et le régime destutelles avait commencé pour lui. L’intervention de la Hollande et del’Angleterre dans les négociations de Carlowitz en 1699 avaient été unepremière marque d’impuissance; sous Mahmoud I or (1730-1754), la paixde Belgrade (1739), imposée à l’Autriche et à la Russie par la médiation dela France, garantit la frontière turque par la restitution de Belgrade et lacession de Czabatz, par la destruction des remparts d’Azov, et l’interdictionfaite à la Russie de lancer sur la mer Noire aucun navire de guerre. —Osman III (1754-1757), malgré les instances des ambassadeurs français De-salleurs et Vergennes , refusa de s'engager dans le système d’alliance de laFrance. — Son neveu Moustapha III (1757-1774), prit au contraire une partactive aux affaires de l'Europe. Les intrigues de la Russie et de l’Autriche en Pologne l’amenèrent à resserter son alliance avec la cour de Versailles ,et à déclarer la guerre à Catherine II (1768). La flotte turque fut anéantieà Tchesmé par l’Angleterre, alliée des Russes , qui devait plus tard regretterce succès facile. Après de brillantes campagnes sur le Danube à Routschouket à Silistrie (1772-1773), les Turcs furent défaits à Varna, et Abdul-Hamid (1774-1789), au début de son règne, dut subir le traité de Routschouk Kaï-nardji, qui accentuait la décadence et accélérait le démembrement de l’em-pire. Le sultan cédait au tsar un droit de protection sur tous les sujets chré-tiens de son empire ; il abandonnait les places de Kinbnrn, Azov, Kertsch ,Iénikalé, les clefs de la mer Noire et de la Crimée , dont l'indépendanceétait proclamée; il renonçait au pays compris entre le Dniéper et le Boug,et, déchirant le traité de Belgrade , autorisait sur toutes les mers ottomanesla libre navigation des vaisseaux de guerre ou des navires marchands dela Russie. A ce prix, la Turquie gardait la Bessarabie, la Moldavie , laValachie .

Dès ce moment, la Russie devint l’ennemie opiniâtre et héréditaire del’empire; la question d’Orient était ouverte. Les empiètements de la Russie ne s’arrêtèrent plus. Après la paix de Sistova, qui cédait Orsova à l’Au-triche, le traite d’Iassy (1792), imposé à Sglim lit (1789-1807), installales Russes à l’est du Dniester, en Crimée , dans l’ile de Taman et la pro-vince du Kouban; les efforts tenaces de la Porte pour corriger les abusde l'empire et réorganiser l’armée à la moderne n’aboutirent qu’à la révolte