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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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TURQUIE D’EUROPE . 683

de l'empire et en amenèrent la décadence. Les Ottomans l’ont surnomméEl Kanouni (le Législateur).

Période de decadence et de démembrement (1566-1880).—Sélim II , l’Ivrogne (1566-1574), commença la série des princes fainéantsou incapables dont la nullité personnelle a puissamment contribué à lachute de l’empire. Chypre fut encore enlevée aux Vénitiens, maisla marine ottomane fut anéantie à Lépante (1571) par don Juan d'Autriche.— Amusât III (1574-1595), le jour de son avènement, fit étrangler ses cinqfrères, et passa son règne enfermé dans le sérail, entouré d'eunuques, defemmes et de bouffons. L’ambassadeur de France , baron de Germigny,obtint pourtant du Divan le privilège du protectorat des nations chré-tiennes dans les États ottomans, et Amurath envoya à Henri III uneambassade-solennelle; mais les excès de zèle religieux du successeur deGermigny, Savary de Lancosme, compromirent un instant la position pri-vilégiée de la France , à l'avantage de l’Angleterre qui obtint la liberté denavigation et de commerce pour ses sujets sous son propre pavillon, et dela république de Venise quq protégeait l'influence dominante de la sultanefavorite, la vénitienne Gaffa! Les turcs sous ce règne firent la guerre auxPerses et à la Hongrie ; les révoltes des janissaires et des milices ensan-glantèrent Constantinople et les provinces. — Mahomet III (1595-1653),inaugura son règne par le meurtre de ses dix-neuf frères, et la distri-bution aux janissaires des sommes énormes. Il se montra d'ailleurs trèsscrupuleux observateur du Coran , paya les dettes de son père, protégeales littérateurs et les légistes : lui-même était poète à ses heures. Mais lesministres continuèrent impunément leurs exactions, et les séditions se mul-tiplièrent. Le voïvode Michel le Brave, le héros populaire de la Valachie ,délivra un instant son pays du joug ottoman . Le sultan se rapprocha de laFrance, félicita Henri IV de ses victoires, et notre nouvel ambassadeur,l’habile, sage, et énergique Savary de Brèves, rendit à la France le prestigeet le crédit perdus. — Sous Achmet I er (1603-1616), Savary renouvela lesanciennes capitulations ; les empiètements de l’Angleterre sur le commercefrançais furent réprimés, et la France , appuyée sur l’alliance de la Porte,garda en Orient une influence souveraine que les intrigues des autrespuissances, l’inhabileté et l'ignorance de nos agents, la haine aveugle desOttomans pour ces « chiens de chrétiens, » et aussi l'ardeur de la propa-gande catholique qui semblait préparer une nouvelle croisade nousfirent bientôt perdre. — Moustapha I er (1616-1618) fit mettre l’ambas-sadeur français , baron de Sancy, aux Sept-Tours, mais son successeurOsman II (1618-1623) lui rendit la liberté et fit des excuses à Louis XIII . —Sous Amurat IV (1623-1640), Ibrahim I er (1640-1648) et Mahomet IV(1648-1687), les déprédations des Barbaresques et la guerre contre Venise amenèrent la rupture des relations : la France contribua à la défense del’Autriche et à la victoire de Saint-Gothard (1665). Cependant les deuxvizirs Kuprili réussirent par leur prudence et leur génie politique àarrêter un instant la décadence de l'empire. Candie fut prise, la Podolie,l’Ukraine et la Volhynie occupées : ce sont là les dernières conquêtesottomanes. L’empire est alors à son apogée. Ses possessions européennes forment huit pachaliks subdivisés en sandjaks: Boumili, Archipel,Biute ou Ofen, Temesvar, Bosnie, Semendria , Caffa, Candie; quatrepays payent tribut, la Transylvanie, la Valachie, la Moldavie , la républiquede Raguse. — En Asie, les limites de l'empire sont : la mer de Marmara ,la mer Noire et le Caucase occidental, les monts Djebel Tagh les monts duKourdistan et le Tigre ; la mer d’Oman, l’océan Indien,le golfe Arabique , la

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